Un Tournier et un Baburen offerts aux Augustins

18/11/19 - Acquisitions - Toulouse, Musée des Augustins - Ce sont pas moins de deux tableaux caravagesques qui viennent enrichir le Musée des Augustins grâce au don généreux d’un collectionneur parisien.


1. Nicolas Tournier (1590-1639)
Le Roi Midas
Huile sur toile - 71 x 54 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins
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Le premier est une toile de Nicolas Tournier, artiste originaire de Toulouse auquel le musée avait, il y a presque vingt ans, consacré une exposition monographique réunissant une grande partie de ses tableaux alors connus. Depuis, une dizaines d’œuvres sont réapparues dont pas moins de cinq ont rejoint les collections des musées toulousains. On se rappelle en effet du Portement de croix qui avait disparu au XIXe siècle avant d’être récupéré sur le marché de l’art (voir la brève du 20/12/16 et du Saint Pierre acheté par le Musée des Augustins (voir la brève du 19/10/15), auxquels il faut ajouter les pendants acquis en deux temps par la fondation Bemberg (voir les brèves du 10/11/14 et du 27/11/15). Il faut donc désormais y ajouter le Midas (ill. 1) offert aux Augustins, qui est la neuvième œuvre de cet artiste à y être conservé.

L’iconographie de ce tableau n’est pas fréquente, puisqu’on y voit le roi grec mythique comme une figure isolée, et pas en compagnie d’Apollon et de Marsyas dont il fut chargé d’arbitrer le concours qui lui valut d’être affublé des oreilles d’âne. Celles-ci permettent ici de l’identifier sans difficultés. La composition est également inhabituelle, la figure étant vue de trois-quart, presque de dos, le regard dirigé vers la gauche du tableau. Selon Axel Hémery, directeur du Musée des Augustins et spécialiste de l’artiste, cette œuvre peut être datée de sa période romaine, autour de 1620-1625.


2. Dirck van Baburen (1595-1624)
Bacchus
Huile sur toile - 91,5 x 69 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins
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Le second tableau offert au musée (ill. 2) est une œuvre de l’un des trois grands représentants du caravagisme à Utrecht, Dirck van Baburen. Il s’agit ici d’une figure de Bacchus qui nous regarde, vêtu de sa peau de panthère et l’air moqueur, pressant une grappe de raisin dans une coquille d’huitre.

Cette acquisition est d’autant plus notable que les œuvres de ce peintre sont relativement rares en raison de sa disparition précoce à moins de trente ans, peut-être de la peste. Les musées français ne pouvaient jusqu’à aujourd’hui en montrer que deux exemples : le Fumeur de pipe au Musée Marmottan, et Un Chanteur au Musée des Beaux-Arts de Nantes. Nous regrettions il y a quelques années que le Louvre s’avère incapable d’acquérir un Baburen dont deux grands tableaux sont récemment sortis de France (voir la brève du 21/3/09 et celle du 2/12/13). Voilà qui nous console un peu. Il faudra néanmoins attendre un peu pour admirer ces tableaux : le musée est fermé jusqu’à l’automne 2020 notamment pour des travaux sur ses verrières.

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