Un tableau représentant Molière et Louis XIV préempté pour la Comédie Française

16/11/20 - Acquisition - Paris, bibliothèque-musée de la Comédie Française - Charles-Quint ramassant le pinceau du Titien, Léonard expirant dans les bras de François Ier… Les peintres de la première moitié du XIXe siècle ont aimé ces représentations où un souverain se met au niveau d’un artiste ou même va jusqu’à le servir, témoignant ainsi de la noblesse de leur profession. L’anecdote contée par Madame Campan de Louis XIV accueillant à sa table Molière, dont des courtisans s’offusquaient de devoir partager des repas avec un acteur, relève de la même veine.
Lors de la vente Osenat du 15 novembre à Fontainebleau, la bibliothèque-musée de la Comédie Française, dont la riche collection a pu être en partie présentée au Petit Palais en 2011 (voir l’article) a préempté, pour la somme de 60 000 €, un tableau de Jean-François Garneray représentant cette scène de Molière honoré par Louis XIV.


1. Jean-François Garneray (1755-1837)
Molière honoré par Louis XIV, 1824
Huile sur toile - 56 x 72,2 cm
Préempté par la bibliothèque-musée de la Comédie Française
Photo : Osenat
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Présenté au Salon de 1824, ce tableau relève du style troubadour, même s’il s’agit d’un épisode du XVIIe siècle, plutôt que du Moyen Âge ou de la Renaissance comme cela est plus souvent le cas. Au même Salon, Édouard Pingret montra un tableau de même sujet, tandis que, plus tard, Ingres et Gérôme le représentèrent à leur tour. Le tableau de Pingret n’est plus connu, celui d’Ingres a disparu dans l’incendie des Tuileries, mais une esquisse en est conservée à la Comédie Française, tandis que la toile de Gérôme se trouve aujourd’hui à la Malden Public Library dans le Massachusetts.
La scène - qui n’est pas située par Madame Campan - se déroule à Versailles, dans un décor quelque peu fantaisiste [1] : il s’agit en effet de l’antichambre des Chiens créée seulement en 1738.


2. Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Louis XIV et Molière déjeunant à Versailles, 1857
Huile sur toile - 67 x 49 cm
Paris, bibliothèque-musée de la Comédie Française
Photo : Domaine public (Wikimedia)
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Élève de David, Jean-François Garneray fut essentiellement peintre de portraits et de vues urbaines. En 2017 le Musée des Beaux-Arts d’Orléans avait acquis de lui une vue de la place de l’Étape (voir la brève du 30/3/17).

Lors de la même vente, tout le monde s’est intéressé à celle d’un « soulier de Marie-Antoinette », certains pour regretter qu’il n’ait pas été préempté. Avouons que nous ne comprenons pas bien l’intérêt autre que fétichiste qu’aurait pu avoir un tel objet pour les collections françaises…

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