Un tableau de Swebach-Desfontaines acquis par le Musée de la Révolution Française

Didier Rykner

23/10/18 - Acquisition - Vizille, Musée de la Révolution Française - Le tableau que vient d’acquérir le Musée de la Révolution Française auprès d’Elvire de Maintenant Fine Arts [1] représente un marché aux chevaux et date de 1793. Cette scène de la vie quotidienne dans une campagne française a été peinte par Jacques-François Swebach, dit Swebach-Desfontaines et correspond probablement à l’œuvre présentée au Salon de 1793 sous le titre Un marché aux chevaux.


Jacques-François Swebach dit Swebach-Desfontaines (1769-1823).
Un marché aux chevaux, 1793
Huile sur panneau - 55,3 x 81 cm
Vizille, Musée de la Révolution Française
Photo : Musée de la Révolution Française
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Un couple et ses deux enfants, le père et le fils portant la cocarde tricolore sur leurs chapeaux, descendent d’une voiture pour visiter le marché qui se trouve à la périphérie d’un village. À droite, un soldat monte un cheval qu’il va probablement acheter.
La scène se déroule ainsi dans un paysage dont on remarquera le beau ciel qui ne serait pas indigne d’un tableau de Valenciennes, contemporain du peintre mais d’une vingtaine d’années plus âgé.
Swebach-Desfontaines, qui fut l’élève de son père, fut un peintre de bataille et genre mêlant toujours ses compositions à des paysages. Sa technique très lisse et minutieuse, comme ses sujets et la petite taille fréquente de ses tableaux témoignent d’une forte influence de la peinture nordique, que l’on retrouve aussi dans cette œuvre qui montre une connaissance fine des œuvres des hollandais italianisants tel que Nicolaes Berchem. Ce style est d’ailleurs celui d’un certain nombre de peintres pendant la Révolution, tels que Nicolas-Antoine Taunay ou Jean-Louis Demarne.

Comme l’écrit Alain Chevalier dans la notice qu’il nous a communiquée à propos de ce tableau, celui-ci est : « l’une des œuvres les plus emblématiques de la production de tableaux mêlant genre et paysage, très en vogue au début de la première République. La bourgeoisie portait en effet ses goûts plus vers ce type de tableaux d’agrément mêlant pittoresque et nature plutôt que vers les scènes civiques, héroïques ou d’actualité promues par les nouveaux pouvoirs publics. Le Salon de 1793 marque l’apogée de cet engouement.  » Il était, à ce titre, fait pour être exposé au Musée de la Révolution Française.

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