Un tableau d’Alfred Sisley endommagé au Musée des Beaux-Arts de Lille


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Alfred Sisley (1839-1899)
En hiver. Effet de neige
Huile sur toile - 446 x 55 cm
Lille, Musée des Beaux-Arts
Photo : RMN-GP/R.-G. Ojéda
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13/11/17 - Sinistre - Lille, Musée des Beaux-Arts - Jeudi 26 octobre, le tableau d’Alfred Sisley En hiver, effet de neige, l’une des trois œuvres de l’artiste conservées au Palais des Beaux-Arts de Lille, a été noyé dans une fuite consécutive à la remise en pression du circuit de chauffage du bâtiment, dans une eau contenant des produits chimiques.

La toile se trouvait dans une salle de transit après être rentrée de l’exposition monographique de l’hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence où elle avait été prêtée. Elle attendait ici d’être raccrochée dans les salles permanentes.
Il semble que l’incident ait été très vite détecté. Selon le musée, qui a répondu à nos interrogations le 7 novembre : « l’état de l’œuvre est stabilisé et une restauratrice est en cours d’intervention ». Selon nos propres informations, fort heureusement, les dommages n’ont finalement pas été trop importants et le tableau pourra être restauré de manière satisfaisante.

Un incident de ce genre est hélas toujours possible, et nous n’avons a priori aucun indice laissant penser que des manquements à la sécurité aient pu être observés.
Mais cela démontre une fois de plus l’absence de transparence qui sévit dans certains musées et que nous avons pu observer dans d’autres cas et dans d’autres lieux. Si nous n’avions pas été informé, ce sinistre qui concerne pourtant une œuvre importante serait resté ignoré du grand public comme des spécialistes. Or, il fait désormais partie de l’histoire du tableau qui appartient à une collection publique. C’est une curieuse conception du service public que de chercher à le cacher. Et cette volonté de ne rien dire est confirmée par l’attitude du directeur du musée, Bruno Girveau qui, depuis que nous l’avons interrogé (par mail du 2 novembre), furieux que nous ayons été prévenu, a cherché à trouver l’origine de la fuite. Et nous voulons parler ici de la fuite qui nous a permis de connaître l’incident ! Une personne travaillant au musée, que nous avons appelée pour en savoir plus, nous a répondu avec beaucoup d’inquiétude dans la voix qu’elle n’avait rien le droit de nous dire...

Une précédente inondation au Musée des Beaux-Arts de Lille, qui avait eu lieu en 2014 et qui avait concerné cette fois un des plan-reliefs qu’il conserve, celui de Tournai (sans lien avec l’incident du 26 octobre précise le musée), était sauf erreur restée totalement ignorée jusqu’à ce jour, alors qu’elle a pourtant bien eu lieu, comme on nous l’a confirmé, également à notre demande. Le musée précise que : « La ville de Lille, en accord avec le Musée des plans-reliefs de Paris, propriétaire des maquettes, avait réagi rapidement et fait réaliser les travaux nécessaires. »… Devant tant de dissimulations, comment être sûr que d’autres dysfonctionnements ne nous ont pas été cachés ?


Didier Rykner, lundi 13 novembre 2017





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