Un Devambez pour Orsay

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3/5/23 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - Artiste touche-à-tout, à la fois populaire et académique, André Devambez est sorti de l’oubli grâce au Musée des Beaux-Arts de Rennes et au Petit Palais de Paris qui lui ont consacré une exposition (voir l’article), tandis que la galerie Fabienne Fiacre a présenté ses créations à plusieurs reprises. S’il aimait les petits formats, il conçut aussi des décors, pour la salle du Conseil de l’Université à la Sorbonne par exemple ou pour l’Ambassade de France à Vienne (voir l’article). S’il réalisa nombre de caricatures et d’illustrations pleines d’humour, il raconta la guerre également dans une série d’eaux fortes dramatiques. Il peignit aussi bien des portraits individuels que des effets de foule, aimait la ville moderne, ses théâtres, son métro et ses habitants, privilégiait des cadrages audacieux et des points de vue élevé, qui lui valurent le surnom de « peintre du sixième étage ».


André Devambez (1867-1944)
Procession au crépuscule, 1902
Pastel sur toile - 59 x 84 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-GP/S. Crépy

Le Musée d’Orsay a récemment acquis une Procession au crépuscule qui se distingue dans la production de l’artiste par sa technique, le pastel, plus rare sous sa main. C’est une œuvre teintée de mystère, presque symbolique, créée en 1902, dans ses premières années ; peut-être a-t-elle été conçue quelques années auparavant lors de son séjour à Rome. Devambez ne saisit pas ici des personnages minuscules vus de haut, mais des ombres noires qui cheminent dans un paysage à la lumière incertaine. La chaleur dorée du jour vient caresser les arbres au premier plan déjà gagnés par des tonalités plus froides ; l’heure bleue est là, qui annonce la nuit. Les femmes tiennent des bougies pour une procession religieuse dont les points lumineux dans le noir entrainent le regard jusqu’à l’église. Cette œuvre a été achetée auprès d’un particulier. Il s’agit du plus grand pastel connu de Devambez. Il est actuellement visible dans la belle exposition que le musée consacre au pastel (voir l’article). Il rejoint dans les collections plusieurs œuvres de l’artiste, et notamment une peinture célèbre, La Charge, elle aussi datée de 1902 et visible au Salon de la Société des artistes français. Cette année-là, l’artiste participa en outre à la deuxième exposition de la Société des Arts Réunis, organisée à la Galerie Georges Petit, puis exposa régulièrement au sein de ce groupe.

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