Un chef-d’œuvre de Loutherbourg pour Strasbourg

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23/11/19 - Acquisition - Strasbourg, Musée des Beaux-Arts - Signée et datée 1791 par Philippe-Jacques de Loutherbourg, l’œuvre était passée en vente chez Christie’s Londres le 15 décembre 2016 où elle avait été repérée par Dominique Jacquot sans qu’il puisse, à l’époque, l’acquérir pour le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Il avait néanmoins signalé l’intérêt qu’il lui portait à la maison de vente, espérant pouvoir la racheter plus tard. C’est ce qui est heureusement arrivé lorsque la galerie Rafael Valls à Londres, qui avait emporté l’œuvre, la proposa pour un prix raisonnable au musée qui l’a acquis en 2017 sans que nous en ayons eu connaissance, raison pour laquelle nous ne la publions qu’aujourd’hui.


1. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
Une âme d’artiste portée au Paradis, 1791
Huile sur toile - 127,1 x 101,7 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Il s’agit d’un très rare exemple de peinture allégorique de l’artiste, puisque si l’on en croit le catalogue Christie’s (où officiait alors le spécialiste de l’artiste, Olivier Lefeuvre, auteur du catalogue raisonné chez Arthena, dont l’œuvre était absente), le seul autre exemple connu est un dessin pour une Apothéose du capitaine Cook.

Strasbourg avait organisé en 2012-2013 une rétrospective Loutherbourg, peintre originaire de cette ville (voir la brève du 6/2/13) [1]). Il est donc naturel que six peintures de lui y soient conservées, désormais sept avec cette acquisition. Il s’agit essentiellement de paysages (souvent avec des animaux, mais on y trouve aussi - moins fréquent chez l’artiste - une esquisse religieuse et une autre (Philandre et Clorinde) préparant une illustration pour un journal anglais. Car s’il est né à Strasbourg, Loutherbourg peut également être considéré comme un peintre britannique, partageant sa carrière entre la France et l’Angleterre.


2. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
Une âme d’artiste portée au Paradis, 1791 (détail)
Huile sur toile - 127,1 x 101,7 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Cette œuvre, qui représente Une âme d’artiste portée au Paradis avec la palette et les pinceaux en bas à droite de la toile, porte à la fois la marque de la peinture française - on admirera particulièrement la partie centrale, où la matière à la fois riche et vaporeuse fait penser au pinceau de Fragonard (ill. 2) - et de la peinture anglaise dans les types des personnages et une atmosphère générale. À la frontière du kitsch comme le dit en manière de plaisanterie Dominique Jacquot, peut-être, mais assurément du bon côté, de celui de l’excellente peinture.

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