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Rubens, l’atelier du génie. Autour des œuvres du maître aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Alexis Merle du Bourg

Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts, du 14 septembre 2007 au 27 janvier 2008

Avertissement : Alexis Merle du Bourg ayant écrit un long article sur Rubens, à propos de cette exposition, nous avons préféré scinder ce texte en deux parties. La première, tout à fait passionnante, est une réflexion sur le statut de Rubens, sa perception comme peintre en ce début de XXIe siècle et plus largement sur les emballements médiatiques autour de certains artistes. Il me paraissait plus intéressant de la publier dans la rubrique Débats.
La seconde partie, tout aussi remarquable à mon sens, est la revue proprement dite de l’exposition, que vous trouverez-ci dessous.
Alexis Merle du Bourg a donné son accord à ce choix purement éditorial. Il est cependant possible de consulter le texte d’origine, non coupé en deux, en lisant d’abord la première partie et en lisant celle-ci à sa suite.

1. Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
Autoportrait
Huile sur panneau - 61,5 x 45 cm
Anvers, Rubenshuis
Photo : Service de presse
Voir l´image dans sa page

L’une des grandes vertus de l’exposition proposée par les Musées Royaux de Bruxelles qui fait suite à quatre années de recherches minutieuses sur l’ample collection de Rubens du musée est justement, non de dire en quoi le maître serait notre contemporain, ni ce qui fait sa modernité (l’un des mantras les plus ravageurs de notre époque en matière d’art ancien), entreprise à peu près dénuée d’intérêt [1], mais de rendre l’artiste à son temps et à sa singularité historique en aidant à faire comprendre comment il œuvra d’un point de vue très concret et comment fonctionna l’atelier supérieurement bien organisé qu’il fit fonctionner avec plus ou moins d’intensité entre les années qui suivirent son retour d’Italie en 1608 (la question de l’atelier de Rubens se pose, à vrai dire, avant même son départ pour la péninsule, comme le rappelle Arnout Balis dans un bel article de synthèse, mais les collections de Bruxelles ne permettent pas de traiter de ce sujet, d’ailleurs obscur) et sa mort en 1640. Rubens en sort-il amoindri ? Tout au contraire, il en sort grandi. La religion de l’œuvre autographe qui a crû au fur et à mesure du perfectionnement des outils de reproduction, la figure mythologique de l’artiste solitaire façonnée par les XIXe et XXe siècles font, en effet, peser sur les ateliers qui furent pendant des siècles le cœur battant de la création artistique en Europe, une sorte de suspicion qui s’exerce à la fois vis-à-vis des maîtres qui les dirigèrent et des œuvres qui en sortirent. Non seulement l’atelier renvoie l’art à l’industrie quand ce n’est pas à l’exploitation capitaliste, mais encore le génie du créateur relayé et soutenu par ses aides y apparaît dilué, corrompu, inauthentique. L’exposition de Bruxelles en contribuant à rappeler au public que le travail en atelier ne fut pas une exception, mais la norme dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles, surtout pour les peintres d’histoire qui fournirent sans désemparer d’immenses décors civils et religieux, des modèles de tentures et des retables…

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