Publication d’un volume de Mélanges en l’honneur de Dominique Thiébaut

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1. Niccolò di Pietro Gerini (documenté de 1370 à 1414)
Saint Jacques le Majeur et Saint Barthélémy (?), à gauche
Jacopo del Casentino (1297-après 1349)
Saint Barthélémy, à droite
Huile sur panneaux
Machemont, église Saint-Sulpice
Photo : Corentin Dury
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19/7/18 - Publication et découvertes - Une des figures obligées de l’histoire de l’art, et des plus agréables, est la publication de volumes de « Mélanges », recueils d’articles écrits par ses amis en l’honneur d’un confrère partant à la retraite. Il s’agit souvent de l’occasion de publier des recherches inédites, des découvertes stimulantes, des informations nouvelles dans le domaine de prédilection de la personne que l’on veut ainsi honorer.

Dominique Thiébaut, conservatrice au département des Peintures du Louvre, est une spécialiste incontestée des Primitifs italiens et français. Le volume qui paraît aujourd’hui aux éditions Hazan regroupe donc en plus de l’hommage qui lui est rendu dans l’introduction par Michel Laclotte et Nicole Reynaud, dix-neuf essais consacrés à ce sujet. Parmi les auteurs, on compte de jeunes historiens de l’art comme Corentin Dury (qui vient d’être nommé conservateur au Musée des Beaux-Arts d’Orléans où il sera l’adjoint d’Olivia Voisin), Thomas Bohl, qui était conservateur au Mobilier National et qui remplacera Dominique Thiébaut au Louvre ou encore Neville Rowley, historien de l’art français conservateur des peintures et sculptures italiennes d’avant 1500 au Bode-Museum et à la Gemäldegalerie de Berlin. Les auteurs italiens sont nombreux bien sûr, mais aussi les Américains ; les textes, comme cela est la règle dans ce type de publication, ne sont pas traduits, ce qui nécessite du lecteur de lire l’anglais et l’italien. Le volume, fort riche, est cependant remarquablement peu coûteux : 29 € seulement grâce à la participation financière importante du Louvre.

Si la peinture est - logiquement - majoritaire dans les articles publiés, on compte néanmoins un essai sur un manuscrit conservé à la Pierpont Morgan Library, identifié par François Avril comme ayant appartenu à Jeanne de Chantal, la seconde épouse de René d’Anjou, et un autre sur un relief de Cristoforo Mantegazza se trouvant sur un mur de l’église San Nicolo à Merano.
Mais nous nous attarderons, on ne se refait pas, sur les deux articles qui nous intéressent le plus car il s’agit de deux découvertes dans des collections publiques françaises, l’une dans une église, l’autre dans un musée.

Le premier essai est du à Corentin Dury et fait suite à l’exposition « Heures Italiennes » qui répertoriait les tableaux italiens conservées en Picardie (voir l’article). Comme le dit l’auteur « un tel catalogue est destiné à être daté dès son tirage, redécouvertes et nouvelles attributions venant renouveler ce qui ne peut être qu’un état de la question ». Il s’agit ici d’un « pseudo-polyptyque », c’est-à-dire d’œuvres réunies dans un même cadre mais d’auteurs différents, découvert dans l’église de Machemont dans l’Oise par Richard Schuler, conservateur des Antiquités et Objets d’art du département. Il s’agit d’un Saint Jacques le Majeur, d’un Saint Barthélémy (l’identification n’est pas certaine) et d’un second Barthlémy disposés dans cet ordre comme un triptyque (ill. 1). Les deux premiers sont donnés à Niccolò di Pietro Gerini, le troisième est attribué à Jacopo del Casentino.


2. Cosimo Rosselli (1439-1507)
Adoration des Mages, vers 1475-1480
Huile sur panneau - 22 x 64 cm
Bayeux, Musée Baron Gérard
Photo : Musée Baron Gérard
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Le deuxième article, par Matteo Gianeselli exhume un panneau de jeunesse de Cosimo Rosselli (ill. 2), déposé par le Louvre en 1976 au Musée Baron Gérard à Bayeux, et qui, bien qu’il ait été dès 1932 correctement identifié par Bernard Berenson, était resté anonyme, complètement oublié, même pas répertorié dans la base RETIF de l’INHA (il n’y est d’ailleurs toujours pas, pas davantage que les tableaux de Machemont). Les collections françaises ont ceci d’extraordinaire que les possibilités de découverte semblent infinies.

Collectif, Regards sur les Primitifs, Éditions Hazan et Louvre Éditions, 2018, 185 p., 29 €, ISBN : 9782754114714.

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