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Picasso, l’atelier du Minotaure

Évian, Palais des Lumières, du 30 juin au 7 octobre 2018.

1. Pablo Picasso (1881-1973)
Minotaure caressant du mufle d’une dormeuse, 1933-1934
Pointe sèche - 29,9 x 36,5 cm
Collection Sylvie Mazo
Photo : Succession Picasso 2018
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Le sujet est scabreux. Il est loin d’être le seul dans la mythologie, mais tout de même : une femme, Pasiphaé, tomba bien malgré elle amoureuse d’un taureau, au demeurant fort beau (Titiana fut moins chanceuse avec l’âne Bottom), au point d’avoir l’idée saugrenue de faire fabriquer par Dédale une vache en bois dans laquelle elle se glissa pour encourager la bête de ses pensées à s’accoupler avec elle. On n’a pas tant de détails lorsque Jupiter séduit la belle Europe. Fruit (et victime) de ces amours scandaleuses, le Minotaure, mi-homme mi-bête, fut emprisonné par Minos dans un labyrinthe ; se nourrissant de chair humaine, il réclamait tous les neuf ans que lui soient livrés sept jeunes hommes et sept jeunes filles.

Si le Minotaure est largement représenté dans l’Antiquité, il l’est beaucoup moins dans les temps modernes ; on comprend que la plupart des artistes aient évité un sujet assez peu adapté au grand genre édifiant de la peinture d’histoire, préférant s’intéresser aux autres protagonistes de cette ténébreuse affaire. Le tirage au sort des jeunes Athéniens par exemple est un prétexte idéal pour décliner les expressions des passions ; la pauvre Ariane est souvent mise en scène, elle aussi, échouée sur son île, oubliée par Thésée. Dédale et son fils Icare s’échappant du labyrinthe pour mieux tomber dans l’eau inspirèrent également les peintres. Le Minotaure est la cause de ces déboires, mais il reste absent de la toile. Et lorsqu’il est représenté, il est à terre, vaincu par le valeureux Thésée.
Dans tous les cas, il reste l’ennemi, le monstre, l’autre. Or aux XIXe et XXe siècles certains artistes choisirent d’adopter le point de vue de la bête humaine. C’est le cas de Picasso qui va jusqu’à s’identifier à elle (ill. 1).

2. Jean-Baptiste Peytavin…

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