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Peindre dans la Vallée de la Creuse, 1830-1930

Rueil-Malmaison, Atelier Grognard, du 1e février au 26 mai 2019.

« Qu’il existe au monde un pays aussi beau […], c’est possible, mais un plus beau, je ne puis le croire... ». Armand Guillaumin, tout comme Georges Sand ou Monet ne tarirent pas d’éloges au sujet de la Vallée de la Creuse. « Site enchanteur ou solennel », « superbe [et] d’une sauvagerie terrible », la Vallée de la Creuse connut une gloire éphémère. Aussi fréquentée que les éminents sites du pleinairisme – Barbizon, Pont Aven, Étretat –, elle demeure tapie dans leur ombre et est rapidement oubliée par l’histoire de la peinture française de paysage.


1. Constant Troyon (1810-1865)
Soir d’orage, vers 1835
Huile sur papier marouflé sur panneau - 22 x 33 cm
Collection particulière
Photo : Ville de Rueil-Malmaison/Claire Maurer-Montauzé
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Si elle est défendue localement depuis les années 1990, et plus fermement encore depuis la création en 2010 d’un projet interdisciplinaire et interrégional intitulé « Vallée des peintres entre Berry et Limousin » [1], la dernière exposition qui lui fut consacrée à l’échelle nationale date de 1930. Elle réunissait à Paris, sous le titre « Peintres de la vallée de la Creuse », soixante-dix-neuf tableaux dans la salle du quotidien Le Petit Parisien. C’est aujourd’hui cent quarante œuvres d’une cinquantaine d’artistes, issues de collections publiques et privées, que rassemble l’Atelier Grognard à Rueil-Malmaison. Les notices d’œuvres du catalogue de l’exposition sont en réalité, et nous le regrettons, des notices biographiques dédiées à chacun de ces peintres.


2. Théodore Rousseau (1812-1867)
Paysage au crépuscule
Huile sur toile - 33 x 44,5 cm
Saint-Benoît-du-Sault, Association des amis du musée du Paysage
Photo : Association des amis du musée du Paysage
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3. Théodore Rousseau (1812-1867)
Paysage d’automne, 1842
Huile sur toile - 23 x 35,5 cm
Valence, musée de Valence
Photo : Musée de Valence
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Christophe Rameix, qui est le premier historien de l’art à s’intéresser à ce foyer artistique dans les années 1990, auteur d’ouvrages de référence et commissaire de plusieurs expositions sur le sujet, a recensé plus de quatre cents peintres français et étrangers venus peindre en plein air et sur le motif dans la Vallée de la Creuse entre 1830 et 1930. La construction de plusieurs barrages hydroélectriques dans la Vallée au début du XXe siècle met fin à cet attrait long d’un siècle. Leur éden reculé et sauvage est désormais profondément altéré. Délaissés et dénaturés, les sites peints ne sont rapidement plus identifiés et sont attribués à d’autres régions. Le Paysage de La Sédelle de Picabia entre dans les collections du musée national d’art moderne comme paysage du pays basque. Christophe Rameix, dans son essai du catalogue, y identifie une raison importante de l’omission de la Vallée de la Creuse par l’histoire de l’art. A celle-ci s’ajoute un découpage administratif à cheval sur deux…

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