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Michel Ange Rodin. Corps vivants
Paris, Musée du Louvre, du 15 avril au 20 juillet 2026
Le choc des titans : deux monstres sacrés s’affrontent au musée du Louvre, Michel Ange et Rodin, dans une exposition qui cherche moins à montrer l’influence de l’un sur l’autre qu’à souligner leurs affinités artistiques malgré les trois siècles et demi qui les séparent. Mais le hic de ce choc, c’est son iniquité. De Rodin, quelque quarante sculptures sont exposées. Et de Michel Ange ? Trois. Trois en tout et pour tout, dont deux, conservées au Louvre, sont montrées dès l’introduction, juste avant la première section du parcours, mises en valeur par une scénographie au demeurant réussie : les fameux Esclaves, l’un Rebelle, l’autre Mourant, semblent danser en rond avec trois figures masculines de Rodin, Adam, Jean d’Aire et L’Âge d’airain (ill. 1). Mais après ? L’exposition se déroule sans montrer aucune œuvre du maître de la Renaissance, à part un petit Christ en bois, certainement pas le plus représentatif de sa création, ainsi qu’un certain nombre de dessins, certes fort beaux, mais peut-on se contenter d’œuvres sur papier pour évoquer l’art d’un sculpteur ? Évidemment, il était impossible de déplacer le David, haut de cinq mètres. Évidemment, il était impensable de faire venir la sublime Pietà, encore moins le tombeau de Julien de Médicis encadré par les allégories de la Nuit et du Jour. Évidemment. Le sujet était donc torpillé d’avance.
Auguste Rodin (1840-1917)
Adam , 1880-1881
Bronze
Paris Musée Rodin
Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange (1475-1564)
L’Esclave mourant, 1513-1515
Marbre, Paris Musée du Louvre
Photo : bbsg
Mais alors, que voit-on dans cette exposition ? Quelques photographies et beaucoup d’œuvres « d’après Michel-Ange » ou de son « entourage », des sculptures « inspirées » de ses créations, certaines « autrefois attribuées » au maître. Il y a aussi des « moulages », de belle qualité, parmi lesquels celui de Moïse, réalisé en 1838 par Felice Adriani, qui permit…