Louvre : le rapport de l’Inspection générale accable Laurence des Cars

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1. Intervention de Rachida Dati sur TF1
Capture d’écran

« C’est un échec sécuritaire et, plus globalement, c’est un échec pour tout le monde. » Voilà ce que vient de déclarer Rachida Dati dans une interview sur TF1 (ill. 1) à propos du rapport de l’Inspection générale du ministère de la Culture sur le casse au Louvre. Tout le monde vraiment ? Si tout le monde est responsable, plus personne ne l’est.

Pourtant, l’Inspection, toujours selon la ministre, a fait plusieurs constats, tous accablants pour la présidente-directrice du musée. Premier constat : « une sous-estimation chronique structurelle du risque intrusion et vol, depuis trop longtemps ». Trop longtemps ? Que va-t-elle faire ? Ne pas renouveler Jean-Luc Martinez ? Il n’est plus là [1] ! Peu importe les responsabilités antérieures, Laurence des Cars est là depuis quatre ans, et elle dit avoir fait une « urgence absolue » de la sécurité.
Nous avons démontré que cela était faux (voir notamment cet article). Le rapport de l’inspection enfonce le clou. Le Louvre souffre en effet d’un « sous-équipement des dispositifs de sécurité pour lutter contre les intrusions et les vols. ». Toujours selon la ministre, parlant du rapport, « les protocoles d’urgence, les protocoles dédiés au risque vol et intrusion sont évidemment totalement obsolètes. Il dénonce également « une organisation et une gouvernance absolument pas adaptée au risque vol et intrusion », et la ministre précise : « parce que ce n’était pas une priorité », soit exactement l’inverse de ce qu’affirme Laurence des Cars.

On découvre donc, grâce au rapport, que rien ne fonctionnait. La ministre annonce donc un plan d’action rapide : « il faut revoir la gouvernance et l’organisation de ce musée du Louvre ». Laurence des Cars va donc être remerciée ? Pas du tout ! Même si, à la question de la journaliste : « Est-ce que Laurence des Cars a toute votre confiance pour mener ce chantier », Rachida Dati prend soin de ne pas répondre, elle avait quand même auparavant expliqué qu’elle allait demander à « Laurence des Cars, la présidente du musée du Louvre, de réunir rapidement un conseil d’administration d’urgence ».

On en conclut donc que Laurence des Cars, présidente depuis quatre ans, va corriger les insuffisances criantes de Laurence des Cars dans la prise en compte du risque intrusion et vols.

Parmi les mesures préconisées par la ministre, on note la création d’« une nouvelle direction de la sûreté et de la sécurité au niveau de la présidence » afin d’avoir « une vision globale des risques d’intrusion et de vol avec une vraie stratégie cohérente ».
Mais cette direction existe déjà, elle est déjà rattachée directement à la présidente, et dirigée par Dominique Buffin ! On peine à suivre.

D’ici la fin de 2025, un « audit global » doit être réalisé « ]sur les risques d’intrusion et de vol dans ce musée ». C’est tout de même très étrange, sachant que, Laurence des Cars, lors de son audition au Sénat, a affirmé : « j’ai accéléré l’élaboration d’un schéma directeur (de modernisation des équipements de sûreté » et que « de 2022 à 2024, les études ont été menées […] pour effectuer un diagnostic complet de l’état de nos équipements et définir le programme de travaux. Les marchés ont été lancés à la fin de l’année 2024 pour des travaux qui débuteront au premier semestre de 2026. »

On en conclut donc, forcément, que ce « diagnostic complet » est surtout complètement défectueux (ou inexistant ?) puisqu’il faut désormais faire un « audit global » sur cette question…


2. Barrières fermant la cour Napoléon
Photo : Didier Rykner

On apprend aussi que « La formation des agents dédiés à la sécurité sera obligatoire », ce qui veut dire qu’elle ne l’était pas.
Enfin, des « dispositifs de sécurité extérieure » seront installés autour du musée, parmi lesquels « des dispositifs anti-voiture béliers, anti-intrusion ». On espère que ceux-ci prendront en compte le caractère monument historique du Louvre. Car des dispositifs de ce type existent déjà dans la cour Napoléon. Mais plutôt que de mettre en place des plots en pierre élégants, comme cela est possible, depuis plus de dix ans le Louvre a installé des barrières métalliques totalement inadaptées au lieu et récemment doublées (ill. 2). Nouvelle preuve de l’amateurisme complet de cette direction qui ne peut, décemment, plus rester en place [2].

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