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Lettre ouverte à François Baroin, maire de Troyes, à propos de la Bourse du Travail
Monsieur le Maire,
Trévois, devant l’Hôtel-Dieu-Le-Conte
Photo : Didier Rykner
Vous avez beaucoup de chance. Être le premier magistrat d’une ville comme Troyes, sans doute l’une des plus belles de France, doit être quelque chose d’extraordinaire. Mais une telle fonction implique également de grandes responsabilités. Comme le disait Victor Hugo, l’usage d’un monument appartient à son propriétaire mais sa beauté appartient à tous. Ce constat est encore plus vrai pour un maire : l’usage comme la beauté de la ville dont il est élu ne lui appartiennent pas, mais appartiennent à tous.
Pour m’être promené dans Troyes pendant toute une journée, j’ai pu voir une ville propre et qui, en quelques années (je n’étais pas venu depuis environ dix ans) a été largement restaurée et réhabilitée. Certes, on voit ici ou là quelques fautes de goût (cette exposition photo dans le canal, par exemple - ill. 1) mais rien de catastrophique. Les églises, si riches, sont ouvertes au public presque tous les jours grâce à des employés municipaux qui les surveillent, ce qui est rare, sinon unique, et fort appréciable pour un amateur d’art. Certaines sont en restauration (l’église Saint-Rémy actuellement) et si d’autres ont besoin de travaux (l’église Saint-Jean-au-Marché est en partie étayée), on peut espérer qu’ils auront lieu bientôt. Enfin, les musées, que vous délaissiez, vont bénéficier dans les prochaines années d’un programme de modernisation. Bref, votre politique patrimoniale semble aller dans le bon sens et vous n’êtes pas considéré comme un maire vandale. Du moins jusqu’à aujourd’hui.
Car un projet dont votre municipalité sera tenue comptable risque, si par malheur il était mené jusqu’au bout, de ternir pour toujours cette image et votre…