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Le Plan Local d’Urbanisme de Versailles : de mal en pis

Le conseil municipal de Versailles a approuvé, le 24 novembre 2011, la révision de son Plan Local d’Urbanisme (voir les précédents articles consacrés à cette question). La municipalité persiste donc dans son projet visant à substituer à l’urbanisation légère et réversible des terrains affectés à l’armée, qui demeuraient propriété de l’Etat, une urbanisation irréversible tant par sa cession au privé que par son importance.
Le délai de recours contre le PLU s’achèvera à la fin du mois de janvier. Force est de constater que bien peu d’associations ont manifesté, pour l’heure, une intention d’agir contre celui-ci, et que la presse reste curieusement atone (à l’exception du Journal des Arts [1]) devant ce qui pourrait être l’un des plus grands scandales patrimoniaux de la décennie. La Mairie, de son côté, s’emploie à nier cette réalité.

Le leurre de la « ville jardin »

1. Vue du château et des jardins de Versailles du côté de
l’orangerie par Dumas, gravé par Coquart, 1712.
On constate que Versailles n’a jamais été conçue comme une
ville-jardin, sa minéralité est même frappante, la verdure
paraissant réservée, à l’ouest, au seul usage du roi.
Une grille (en bas à droite) marquait le passage de la ville
au parc royal (ses pilastres subsistent).

La beauté de Versailles tient beaucoup à sa situation entre ville et campagne. Qui n’a éprouvé, en visitant le Domaine, ce passage soudain d’un univers minéral, capitale administrative sous l’Ancien Régime tournée vers Paris, à un univers végétal, celui des chasses et autres plaisirs royaux ? Ces deux mondes s’opposent, à Versailles, de manière absolue. Rappelons que Louis XIV fit détruire les quatre villages subsistant dans son parc (Chèvreloup, Trianon, Choisy-aux-Bœuf et Satory) [2] situés, pour trois d’entre eux, aux emplacements où l’on souhaite aujourd’hui construire. Le maire, François de Mazières, tente de brouiller cette conception particulièrement claire en prétendant que Versailles est une « ville jardin », ce qui est historiquement faux (ill. 1), et en soutenant que nature et ville ne s’opposent pas. C’est le concept de « nature urbaine » qu’il développe notamment à la Cité de l’architecture et du patrimoine qu’il préside. Ainsi, construire des bâtiments « HQE » (à Haute Qualité Environnementale) autoriserait toutes les atteintes portées à l’environnement. On confond ici le respect presque théorique de la nature (rejeter moins de CO2) et celui d’une nature concrète. Or, il est évident que construire des immeubles à 4 niveaux dans le parc de Versailles, générant trafic automobile, parkings, lumières nocturnes et nuisances sonores dégradera son environnement « réel ».
La situation du parc sera bientôt, si l’Etat ne s’y oppose pas, comparable à celle qui était la sienne après les aliénations Révolutionnaires. On connait le patient et couteux travail accompli par Napoléon pour reconstituer l’ancien parc dans l’enceinte bâtie pour Louis XIV [3].…

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