Le musée de Libourne achète une œuvre de Georges Dorignac

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

1/10/19 - Acquisition - Libourne, Musée des Beaux-Arts - On pouvait admirer ce grande dessin de Biches dans l’exposition que le Musée de Montmartre consacrait cet été à Dorignac et qui vient de s’achever (voir l’article). Il sera désormais visible au Musée des Beaux-Arts de Libourne qui l’a acheté auprès de son propriétaire par l’intermédiaire de la galerie Chantal Kiener. Il sera installé sur un meuble spécifiquement confectionné pour lui, conçu pour le protéger de la lumière.


Georges Dorignac (1879-1925)
Les Biches, vers 1920
Fusain et rehauts de pastel sur papier - 150 x 300 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Libourne
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Réalisée vers 1920, cette œuvre appartient à la troisième période de la carrière de l’artiste. Entre 1901 et 1911, Georges Dorignac commença par peindre des portraits d’enfants, des maternités, et quelques paysages dans une veine impressionniste et pointilliste. À partir de 1911, surgirent des figures noires, monumentales et sculpturales, des nus féminins et des visages, modelés au fusain et à la pierre noire, en alternance avec des travailleurs souvent représentés à la sanguine. Enfin, entre 1914 et 1922, Dorignac réalisa une série de projets décoratifs comme celui-ci.
Il conçut des cartons pour des tapisseries, pour des mosaïques, des vitraux ou des céramiques, dans lesquels se mêlent les références médiévales et orientales. On conserve ainsi plusieurs dessins à grandeur d’exécution, mais peu de ces projets ont été concrétisés.

Celui-ci néanmoins semble être lié au décor de plafond d’un théâtre parisien, qui vit bel et bien le jour. Deux dessins conservés en collection privée, très similaire à celui-ci, permettent d’en compléter la partie inférieure qui semble avoir été coupée et où se trouvaient un couple de pintades, un canard, une huppe. Le sujet central est un cerf et une biche allongés sous un arbre, au sein d’une nature luxuriante, entourés de couples d’oiseaux variés, faisans, pigeons, colombes. Des essais de couleurs apparaissent à droite à et gauche. Une frise inachevée de fleurons encadre la composition donnant l’impression d’un tapis persan.
L’une des filles du peintre se souvient être allée avec sa mère sur le chantier, néanmoins le théâtre n’est pas identifié et probablement la composition a-t-elle été recouverte depuis.

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