Le départ de Muriel Mayette, un espoir pour l’histoire de l’art à la Villa Médicis

Villa Médicis à Rome, vue des jardins
Photo : Jean-Pierre Dalbéra (CC BY 2.0)
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L’annonce du non renouvellement de Muriel Mayette à la tête de la Villa Médicis est certainement une des meilleures nouvelles de cette rentrée.

Nous avions regretté, dès avant sa nomination, les conditions dans lesquelles celle-ci allait se faire, et expliqué pourquoi la comédienne, qui n’avait aucun titre qui lui permettait de prétendre à un tel poste, était le plus mauvais choix possible (voir cet article, et celui-ci).
Depuis, ce qui devait arriver est arrivé. Nous ne résumerons pas ici tous les griefs que les pensionnaires pouvaient avoir contre la directrice, nous renvoyons pour cela à cet article du Monde. Nous rappellerons seulement, comme le dénonçait Michel Hochmann dans un éditorial de la Revue de l’Art que nous avons également publié (voir ici, en accès libre), que jamais depuis son introduction à la Villa par André Malraux l’histoire de l’art n’avait été aussi maltraitée, au point qu’on pouvait se demander si sa disparition n’était pas programmée à court terme. Baisse drastique du nombre de pensionnaires, diminution de la durée des séjours, sélection contestable (plus de rapporteur en histoire de l’art, jury ne comportant aucun historien de l’art), non renouvellement du dernier chargé de mission en histoire de l’art - le poste est vacant depuis plusieurs mois… Muriel Mayette s’est révélée l’ennemie de l’histoire de l’art, ce qui était parfaitement prévisible.

Son non renouvellement est sans doute dû aux actions menées par les historiens de l’art pour dénoncer cette mise à mort annoncée de leur discipline à la Villa. Outre l’article de Michel Hochmann, une tribune sur les dérives de l’institution était parue dans Le Monde, signée par un très grand nombre d’anciens pensionnaires, et les anciens chargés de mission en histoire de l’art de la Villa Médicis avaient envoyé une lettre au ministère de la Culture pour l’informer de la situation. Toutes ces actions ont fini par payer.

Il reste que cette bonne nouvelle pourrait être annihilée par une nouvelle nomination discutable. On sait ce que l’on perd, on ne sait jamais ce que l’on gagne, et même lorsque l’on pense avoir touché le fond, il arrive que l’on creuse encore. Espérons que le prochain directeur de la Villa Médicis aura à cœur de redonner à l’histoire de l’art la place qui doit être la sienne.

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