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Le Bal des Quat’z’Arts gagne le Musée Carnavalet

8/10/20 - Acquisition - Paris, Musée Carnavalet - C’est un grand tableau (ill. 1) chatoyant qui aurait dû enflammer les enchères le 12 juin dernier chez R&C à Marseille mais qui a finalement fait l’objet d’une vente de gré à gré : le Musée Carnavalet [1] a fait l’acquisition - pour 47 000€ sans les frais [2] - du Bal des Quat’z’Arts de Louis Abel-Truchet.


1. Louis Abel-Truchet (1857-1918)
Le Bal des Quat-z’Arts, 1903
Huile sur toile - 100 x 148 cm
Paris, Musée Carnavalet
Photo : service de presse
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Cette œuvre que l’on espère vivement pouvoir admirer sur les cimaises du musée parisien dès sa réouverture, désormais repoussée à 2021, aurait pourtant eu toute sa place à l’École des Beaux-Arts, en raison de son sujet : ce sont les élèves de cette institution de la rive gauche qui furent à l’initiative de ces festivités, dont la première édition eut lieu le 23 avril 1892 dans la salle de l’Élysée Montmartre et qui perdura jusqu’en 1966. Réjouissons-nous, cela dit : la très fâcheuse habitude de garder jalousement ses chefs-d’œuvre loin des yeux du public qui caractérise encore trop souvent une École des Beaux-Arts qui ne semble pas toujours à l’aise [3] avec ses missions patrimoniales et muséales nous laisse espérer que ce beau tableau sera plus facilement visible dans le Marais qu’entre le quai Malaquais et la rue Bonaparte, à condition bien sûr que le Musée Carnavalet n’abandonne pas l’accrochage serré qui faisait sa richesse mais aussi son charme.

Cette grande toile n’avait plus été montrée depuis le Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1903, où elle figurait sous le numéro 1259 : elle avait alors été reproduit dans le journal L’Illustration. On peut donc en déduire qu’elle représente l’édition précédente du Bal des Quat’z’Arts, qui s’était tenue le 25 avril 1902 au Moulin-Rouge. La première édition de 1892 avait été initié par l’architecte Henri Guillaume, élève de l’atelier Laloux et Grand Massier des Architectes de l’École des Beaux-Arts ; le bal s’inscrivant dans la tradition des festivités organisées par les étudiants en art, à l’instar du Bal Rodolphe de l’Académie Jullian qu’il s’agissait de concurrencer. Dès 1893, le bal avait gagné le Moulin-Rouge, la célèbre salle parisienne fondée en 1889. Un défilé sur le thème de Cléopâtre, nue et accompagnée de ses suivantes, fut considéré comme une atteinte à la morale publique : les organisateurs du bal furent ainsi poursuivis par René Béranger, président de la Ligue de Défense de la Morale, et le procès déclencha les émeutes de 1893, qui firent une victime parmi les passants dans les rues du Quartier Latin.

L’organisation du Bal des Quat’z’Arts est assez bien connue : chaque atelier de l’École des Beaux-Arts présentait - dans une loge construite dans l’enceinte de l’établissement - un tableau vivant sur un thème choisi avant de prendre part à un défilé sur un char construit par les élèves. Le parcours débutait à l’École des Beaux-Arts pour…

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