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La renaissance du Diorama de Louis Daguerre à Bry-sur-Marne

Didier Rykner
1. Louis Daguerre (1787-1851)
Chœur d’une église gothique, 1842
Diorama (en cours de restauration)
Huile sur toile - 513 x 597 cm
Bry-sur-Marne, église
Photo : Didier Rykner
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Le peintre Louis Daguerre, non content d’inventer le procédé photographique qui porte son nom, créa aussi le Diorama, procédé théâtral où une immense toile peinte sur ses deux côtés était animée par des jeux de lumière venant de face ou de derrière, qui lui donnaient alternativement des aspects différents, permettant ainsi de créer un véritable spectacle animé à partir d’une image fixe [1]. En 1822, associé avec Charles-Marie Bouton, l’artiste ouvrit le Diorama de Paris qui disparut dans un incendie en 1839.

Celui de Bry-sur-Marne (ill. 1), réalisé et offert à la ville en 1842, est l’unique Diorama de la main de Daguerre encore conservé [2]. En 1839, l’artiste avait acheté une grande propriété faisant face à l’église paroissiale dont le chœur fut percé et agrandi afin d’y installer l’œuvre. La toile représente un chœur d’église gothique peint en trompe-l’œil donnant l’illusion au spectateur que l’édifice se poursuit bien au delà du chevet. Les modulations de la lumière naturelle, qui entrait par une verrière zénithale et probablement par des ouvertures latérales, faisaient évoluer l’aspect de la toile, en donnant notamment l’illusion que les bougies s’allumaient ou s’éteignaient.


2. Vue du chœur de Bry-sur-Marne avec le Diorama
avant le début de la restauration
Photo : D. R.
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3. Vue du chœur de l’église de Bry-sur-Marne
dans les années 1950
Photo : D. R.
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Malgré un classement monument historique en 1913, le Diorama traversa le XXe siècle dans un état précaire (ill. 2), fortement aggravé par plusieurs « restaurations » effectuées entre 1949 et 1975 qui aboutirent notamment à décaper son revers et à le rentoiler, ce qui eut pour effet de ruiner les effets de transparence qu’on ne cherchait d’ailleurs plus à reproduire, l’œuvre étant la plupart du temps cachée sous un rideau par un clergé qui considérait avec méfiance, voire avec dédain, un tel dispositif qu’il estimait bien peu catholique. Seul son classement contribua sans doute à la sauver, l’église ayant dans les années 1970 subi le vandalisme que connurent tant d’édifices religieux. Une photo prise dans les années 1950 montre l’état du chœur (ill. 3), où l’on peut encore voir des niches (disparues en 1988 (!) et remplacées par des ouvertures ornées de vitraux) contenant des statues ainsi qu’un mobilier et des tableaux aujourd’hui disparus [3]… Les parois du chœur comme toute l’église, y compris son extérieur, ont été peintes en blanc (ill. 4) au début du XIXe siècle, ce qui a ôté à cet édifice une grande partie de son charme.


4. Eglise de Bry-sur-Marne
Photo : D. R.
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La toile aurait pu continuer à se détériorer lentement si le maire de la ville, Jean-Pierre Spilbauer, conscient de l’intérêt…

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