L’urgence de Notre-Dame

Didier Rykner 5 5 commentaires
L’incendie de Notre-Dame, le 15 avril 2019
Photo : Didier Rykner
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Le chantier de consolidation de Notre-Dame devrait reprendre lundi prochain 19 août. Le soir du 15 avril, il est heureux que l’inspection du travail n’ait pas eu à donner son autorisation aux pompiers qui ont choisi sciemment de mettre leur vie en danger en entrant dans la tour nord pour sauver Notre-Dame. Car la question du plomb à l’intérieur du monument ne se poserait pas : celui-ci n’existerait probablement plus. Quelle insulte, tout de même, à ces soldats du feu que les atermoiements invraisemblables qui ont interrompu pendant plus de trois semaines le chantier urgent qui impose de sécuriser dans les meilleurs délais l’édifice ! Leur courage n’aura-t-il donc servi à rien ?

Tous les témoignages recueillis par nous ou le reste de la presse montrent que non seulement aucun ouvrier n’a été contaminé par le plomb en travaillant sur la cathédrale (voir notre article), mais que tous regrettent (et c’est un euphémisme par rapport aux réactions que nous avons entendues) cette interruption dont le seul résultat est de mettre en danger le monument, et par là même encore davantage les Parisiens. Car ce sont bien des écroulements de voûte ou de murs, voire un effondrement plus général dû à l’échafaudage encore en équilibre sur le toit, qui provoqueraient à nouveau un nuage de poussière rempli de plomb, qui menacent aujourd’hui les riverains.

Nous ne sommes pas encore dans les phases d’étude et de restauration pour lesquelles il sera souhaitable et nécessaire de prendre tout le temps qu’il faudra pour réaliser les travaux dans les meilleures conditions possible de sécurité, et pour parvenir à une restauration optimale. Mais le chantier actuel est une opération d’urgence, le même genre d’urgence que lors d’un sauvetage en mer ou en montagne. Il est mis en œuvre par des professionnels à qui l’on doit faire confiance, et qui connaissent les risques - dans le cas présent extrêmement réduits - qu’ils courent. Il faut les laisser travailler.

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