L’État espagnol préempte un portrait de Bayeu

21/5/19 - Acquisition - Madrid, Real Academia de Bellas Artes de San Fernando - Le droit de préemption existe aussi pour les musées en Espagne, et c’est ce qu’a fait l’État espagnol lors d’une vente chez Ansorena à Madrid le 16 mai dernier [1]. Celui-ci a pu acquérir pour 108 900 euros le portrait d’un grand orfèvre espagnol du XVIIIe siècle, Antonio Martínez Barrio, peint par l’un des grands peintres de cette époque Francisco Bayeu. Nous avions écrit dans un premier temps qu’il s’agissait d’une œuvre pour le Prado, mais il semble que ce soit en réalité pour la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando.


Francisco Bayeu (Saragosse, 1734-1795),
Portrait de l’orfèvre Antonio Martínez, vers 1778-1780
Huile sur toile - 80 x 69 cm
Madrid, Museo del Prado
Photo : Ansorena
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Plus connu pour ses décorations à fresques que pour ses portraits, Francisco Bayeu fut proche de Mengs qui le fit venir à Madrid pour l’aider à décorer le Palais royal. Il collabora avec lui sur plusieurs chantiers décoratifs qui lui permirent d’être nommé peintre de la chambre du roi Charles III en 1767. Il prit la succession de Mengs après le départ de celui-ci pour Rome en 1777 et fut finalement nommé directeur de l’Académie en 1795. Il compta parmi ses élèves un certain Goya qui devint son beau-frère en épousant sa sœur.

Antonio Martínez Barrio quant à lui se forma d’abord au dessin auprès de José Luzán qui fut aussi le maître de Bayeu et de Goya. A partir de 1769 il entra à l’Académie des Beaux-Arts de Madrid tout en développant ses talents d’orfèvre en parallèle, sans toutefois rejoindre la corporation de Saint Eloi. En 1775, il se rendit à Paris et à Londres pour y perfectionner ses connaissances techniques et connaître les derniers modèles à la mode. Il revint en Espagne en 1776 et fonda l’École royale d’orfèvrerie qui fut aussi conçue comme une manufacture.
Ce portrait fut probablement peint vers 1780 et peut-être a-t-il un caractère officiel, réalisé à l’occasion de la création de l’école. Il est comparable à un autre portrait de Bayeu, celui de Pedro Arascot daté de 1786, et trahit une certaine influence de Mengs.

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