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L’Allemagne romantique. Dessins des musées de Weimar

Alexandre Lafore

Paris, Petit Palais, du 22 mai au 1er septembre 2019.

Une salle entière dédiée à Füssli, une autre à Friedrich : voilà deux excellents ingrédients pour une exposition qu’on oserait qualifier de blockbuster, tant ces deux artistes occupent une place essentielle dans l’histoire de l’art européen. Aux yeux du grand public international, Caspar David Friedrich incarne à lui seul le romantisme allemand, tant il a suscité de monographies et d’expositions. Les salles du rez-de-jardin du Petit Palais sont pourtant tout ce qu’il y a de plus tranquille en cette fin d’été, offrant la quiétude nécessaire à l’admiration des cent quarante dessins prêtés par les musées de Weimar, mis en valeur par une élégante scénographie [1] qui tire le meilleur parti de cet espace délicat et dont les agréables couleurs des cimaises (ill. 1 et 2) évoquent la demeure de Johann Wolfgang von Goethe, qui fut à l’origine du riche fonds présenté ici.


1. Vue de l’exposition
Photo : Paris Musées / P. Antoine
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2. Vue de l’exposition
Photo : Paris Musées / P. Antoine
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Ce n’est pas la première fois que des dessins venus de la ville de Goethe se dévoilent à Paris : au printemps 2006, le musée Jacquemart-André avait accueilli (voir l’article) les fleurons français de cette collection. L’exposition associait déjà les feuilles conservées au Schloßmuseum, provenant des collections grand-ducales de Saxe-Weimar-Eisenach, à celles qui ont appartenu personnellement au grand écrivain, aujourd’hui conservées au Goethe-Nationalmuseum. Le groupe de travail dirigé par Pierre Rosenberg avait alors mené une campagne d’étude qui avait permis de découvrir et de publier nombre d’inédits. Ces deux collections sont indissociables : le poète fut en effet, à partir de 1778, conseiller privé du duc Charles-Auguste, qui régna de 1775 à 1828. Weimar, siège d’une monarchie constitutionnelle aux tendances libérales, jouissait alors d’un grand prestige intellectuel, devenant à la fin du XVIIIe siècle un véritable carrefour littéraire et artistique pour cette mosaïque d’États devenue ensuite l’Allemagne. Cette modeste capitale d’un petit duché - devenu grand-duché en 1815 – coincé entre la Saxe, la Bavière et la Hesse a su attirer les savants, les poètes et les artistes de Bach à Gropius en passant par Schiller ou Liszt.


3. Vue de la cimaise dédiée à Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829)
Photo : Alexandre Lafore
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4. Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829)
Un tigre bondit hors d’une corolle de fleurs, 1817
Plume et encre brune, crayon graphite, craie sur aquarelle - 36,2 x 26 cm (détail)
Weimar, Klassik Stiftung
Photo : Alexandre Lafore
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Le romantisme allemand accorde une place toute particulière à l’art du dessin, que pratiquent avec assiduité ses principales figures : Tischbein (ill. 3 et 4), Runge, Friedrich et la majorité des nazaréens furent d’admirables dessinateurs. Après l’époque de Dürer, celle de Goethe constitue un…

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