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Un air d’Italie. L’Opéra de Paris de Louis XIV à la Révolution

Alexandre Lafore 2 2 commentaires

Paris, Bibliothèque-musée de l’Opéra, du 28 mai au 1er septembre 2019

Il existe plusieurs manières de fêter son anniversaire. Soufflant cette année ses 350 bougies, l’Opéra de Paris a choisi de proposer aux nombreux visiteurs estivaux de son plus bel écrin, le Palais Garnier, une excellente exposition sur son histoire au XVIIe et au XVIIIe siècle en même temps qu’une installation de l’artiste français Claude Lévêque. La spectaculaire paire de grands pneus dorés qui trône au cœur du grand escalier de Charles Garnier (voir l’article) a cependant plus fait couler d’encre que ce fascinant panorama conçu par les équipes de la bibliothèque-musée de l’Opéra, qui est rattachée à la BnF. Cette exposition constitue ici le premier volet d’un diptyque sur l’histoire de la vénérable institution, dont les plus grands moments de gloire au XIXe siècle – avec Auber, Rossini et Meyerbeer en têtes d’affiche – feront l’objet d’une autre exposition à la fin de l’année.

1. Maître du ballet de la Nuit (?)
Costume pour le Soleil levant dans la dernière entrée du Ballet de la Nuit, 1653
Plume, encre, aquarelle, lavis et rehauts d’or - 27,2 x 17,8 cm
Paris, BnF, Département des Estampes et de la Photographie
Photo : BnF
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Les commissaires de cette exposition ont brillamment tenu leur pari difficile de s’adresser à la fois aux mélomanes, aux passionnés d’histoire et aux amateurs d’art. Il s’agit de présenter le dialogue fécond entre l’Italie, à la fois modèle et rivale, et la France du Grand Siècle qui cherche à rayonner sur toute l’Europe. L’opéra est donc immédiatement associé aux ambitions du pouvoir monarchique, comme le résume le très célèbre mais rarement exposé dessin (ill. 1) du jeune Louis XIV en costume solaire pour le Ballet de la Nuit. Pour le Roi-Soleil, la danse était une activité tout aussi importante que la chasse : dans ce spectacle représenté le 23 février 1653, l’image du soleil appuie la propagande royale qui souhaite réaffirmer la puissance du souverain après les troubles de la Fronde. Le jeune monarque est ici pleinement appuyé par le cardinal Mazarin, qui cherche à acclimater l’opéra inventé dans les cours italiennes au goût français. La France du XVIIe siècle a connu une lente diffusion de l’opéra, que soutiennent cependant la reine Marie de Médicis puis, une génération plus tard, le puissant ministre. L’une a grandi parmi les fastes florentins, l’autre a vécu la gloire de la Rome des Barberini : tous deux cherchent à importer ces spectacles magnifiques dans leur terre d’adoption. Mais la France résiste et l’exposition explique les raisons de l’opposition à cette nouveauté ultramontaine : on y trouve pêle-mêle la présence des castrats, la langue italienne ou l’incohérence de l’action, sans parler du coût exorbitant de ces manifestations dans une conjoncture politique et économique toujours délicate.


2. Noël ou Nicolas Cochin (attr.), d’après Giacomo Torelli
Décor du prologue de La Finta Pazza
Planche gravée
Paris, BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra
Photo : BnF
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