Contenu abonnés

Guy François. Peintre caravagesque au Puy-en-Velay

Moana Weil-Curiel

Auteur : Bruno Saunier.

Voir l´image dans sa page

Guy François (vers 1578-1650) est un de ces peintres provinciaux (ce qui est tout sauf péjoratif), on pourrait presque dire ici « régional », de la première moitié du XVIIe siècle qui ont été littéralement ressuscités, pour certains, par les écrits de Philippe de Chennevières puis par les historiens d’art du XXe siècle. S’il fut probablement, pour le public, l’une des grandes redécouvertes permises par l’exposition pionnière des Peintres de la réalité organisée par Charles Sterling (et Paul Jamot) en 1934 [1], il offre aussi, avec Jean Boucher de Bourges, Horace Le Blanc en Lyonnais [2], Philippe Quantin à Dijon et en Bourgogne, Georges de La Tour en Lorraine ou les Le Nain, l’un des plus beaux démentis aux propos de Louis Dimier qui n’arrivait pas à imaginer qu’il existât une école française de peinture, active et diversifiée, avant le retour de Simon Vouet en 1627. Pourtant, malgré les recherches de Maurice Pettex-Sabarot et les travaux de Marie-Félicie Perez qui, après lui avoir consacré sa thèse de doctorat (1968), eut le courage de lui consacrer une exposition monographique en 1974 [3], l’importance et l’étendue de son œuvre demeurait presque aussi obscure que les églises où se trouvent encore aujourd’hui la plupart de ses tableaux [4], principalement en Auvergne et notamment dans le Velay, sa région. L’identification progressive de plusieurs œuvres de Guy François dans les musées, souvent dissimulés sous des noms prestigieux, a constitué une autre étape de sa renaissance, soigneusement retracée par Bruno Saunier dans son Introduction. Quelques achats plus récents, par des amateurs comme par des musées, assez différents dans leur palette des tableaux conservés en Auvergne à l’image de la jolie Madeleine [P14], qui fait la couverture du beau livre produit par Arthena [5], achetée il y a trente ans par le Louvre, ont permis de mieux apprécier la qualité réelle de plusieurs de ses tableaux, trop souvent dénaturés par des restaurations menées sans nuances. De plus, ses affinités profondes avec l’œuvre de Carlo Saraceni à Rome et dans les premières années de sa carrière française sont à l’origine d’une querelle franco-italienne qui s’est développée depuis le début des années 1970 [6] autour de compositions rendues à Guy François de ce côté des Alpes et maintenues à Carlo Saraceni outre-Monts.


1. Guy François (vers 1578-1650)
Un saint Évêque entre une sainte martyre et sainte Catherine d’Alexandrie
Huile sur toile - 260 x 210 cm
Craponne-sur-Arzon, église Saint-Caprais
Photo : Luc Olivier.
Voir l´image dans sa page

Le plus grand mérite de la monographie que Bruno Saunier lui consacre aujourd’hui*, après des années de recherches sur le terrain comme dans les archives, est d’être, en quelque sorte, à l’image de sa peinture : claire, posée, même si parfois un peu sage. De plus, malgré le silence de ces archives qui empêche souvent d’affiner la chronologie de son œuvre, il lui redonne ici une véritable…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.