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Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique

Paris, Musée de l’Orangerie, du 16 septembre au 14 décembre 2020

1. Giorgio de Chirico (1888-1978)
L’Incertitude du poète, 1913,
Huile sur toile - 106 × 94 cm
Londres Tate
Photo : Tate
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Il y a des mannequins sans visage et ce train qui passe d’une toile à l’autre, traversant des villes silencieuses hantées par des statues ; il y a des artichauts posés près d’un canon, des bananes phalliques - périssables - près d’une Vénus en marbre, fragmentaire, mais immortelle (ill. 1 et 2). L’art n’a pas de sens. Énigmatiques, mélancoliques, les peintures de Giorgio De Chirico se contemplent avant de s’étudier, comme on écoute déclamer des vers avant de les comprendre. Elles sont d’ailleurs habitées par les figures du poète, du prophète et du devin, qui sont autant d’alter egos du peintre. Car l’artiste est un « voyant  », le mot est d’Arthur Rimbaud, auteur des Illuminations, que De Chirico admirait tout autant que Nietzsche. « L’abolition du sens en art, ce n’est pas nous les peintres qui l’avons inventée. Soyons juste, cette découverte revient au polonais Nietzsche, et le français Rimbaud fut le premier à l’appliquer dans la poésie, c’est votre serviteur qui l’appliqua pour la première fois dans la peinture  ».

Guillaume Apollinaire évoqua le premier les « peintures étrangement métaphysiques  » de ce jeune peintre, son « art intérieur et cérébral  [1] ». Chirico reprit le terme à son compte, mais il faut admettre aujourd’hui qu’il est écrasant pour un artiste et rébarbatif pour le public. L’Orangerie, en collaboration avec la Kunsthalle de Hambourg, a donc choisi de présenter cet aspect, pourtant le plus connu de sa production, afin de mieux le cerner, et de rappeler qu’il ne fut pas un penseur, mais un peintre. L’exposition s’arrête exclusivement sur les années métaphysiques, entre 1909 et 1918, contrairement à la rétrospective du Musée d’Art moderne en 2009 qui retraçait la longue carrière de l’artiste ; elle abordait son retour à la tradition qui lui valut d’être rejeté violemment par les surréalistes, évoquait ses nombreuses répliques et autopastiches ; car il reprit plus tard ses œuvres métaphysiques et les déclina dans un but essentiellement commercial, tout en refusant de reconnaître la paternité de certaines d’entre elles.


2. Vue de l’exposition
Mélancolie d’un après-midi, 1913, Centre Pompidou
La Conquête du philosophe, 1914, The Art Institute of Chicago
L’Incertitude du poète, 1913, Londres Tate
Photo : bbsg
© ADAGP, Paris, 2020.
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3. Vue de l’exposition
La section Paris
Photo : bbsg
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Que cette exposition se tienne à l’Orangerie est un juste retour des choses : le musée ne possède aucune toile du maître alors qu’il conserve la collection de Paul Guillaume, premier marchand de Giorgio De Chirico, qui le représenta jusque dans les années 1930. En effet, Domenica, veuve de Guillaume, remariée à l’architecte Jean Walter, modifia la collection, elle l’enrichit, mais…

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