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De Naples à Chantilly. Les collections de la reine Caroline Murat

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Chantilly, Musée Condé, salle du Jeu de Paume, du 6 juin au 4 octobre 2026.

Il fut un temps où certains affirmaient qu’un musée qui ne pouvait pas prêter ne pouvait donc pas demander, pour ses expositions, à d’autres musées de lui envoyer leurs œuvres prestigieuses, faute de réciprocité possible. C’était faux, bien entendu, et heureusement. L’art n’est pas un troc, ou ne devrait pas l’être, et pour les vrais conservateurs seul compte l’intérêt du projet. C’est pour cette raison que, depuis longtemps désormais, le Musée Condé, dont le duc d’Aumale avait exigé que les collections ne soient jamais prêtées, peut malgré tout organiser des expositions remarquables, bénéficiant des prêts les plus importants — on se rappelle de la comtesse d’Haussonville d’Ingres, il y a peu (voir l’article) — par les plus grands musées.


1. Joseph Rebell (1787-1828)
Le Port du Granatello à Portici avec la villa d’Elbœuf et le Vésuve fumant, 1813-1814
Huile sur toile - 65 x 98 cm
Chantilly, Musée Condé
Photo : Didier Rykner

Pour cette nouvelle exposition, tout aussi passionnante que celle consacrée aux rapports entre les Orléans et Ingres, Chantilly a pu bénéficier de prêts importants, notamment de la part des institutions napolitaines, ce qui permet de réunir pour la première fois des œuvres qui étaient séparées depuis longtemps. C’est le cas, par exemple, des paysages de Joseph Rebell (ill. 1), un artiste autrichien dont les œuvres peintes pour Caroline sont réparties entre le Musée Condé et le Belvédère à Vienne.
Nous nous concentrerons ici, non pas sur le propos de l’exposition ou sur l’histoire des collections de la reine Caroline, sujets que nous abordons largement dans le podcast enregistré avec les deux commissaires de l’exposition, auquel nous renvoyons nos lecteurs, ainsi que dans l’article que nous avions consacré à celle présentée au Musée Fesch d’Ajaccio, sur un sujet très proche (« Caroline, sœur de Napoléon, reine des Arts »). Nous ne nous attarderons pas davantage sur la bonne muséographie,…

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