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François & Sophie Rude

François & Sophie Rude. Un couple d’artistes au XIXe siècle, citoyens de la Liberté.

Dijon, Musée des Beaux-Arts, du 12 octobre 2012 au 28 janvier 2013.

1. François Rude (1784-1855)
Mercure attachant ses
talonnières après avoir
tranché la tête d’Argus
, 1834
d’après le plâtre de 1827
Bronze - 250 x 52 x 90 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Didier Rykner

Le départ des volontaires, dit aussi La Marseillaise, sur l’Arc de Triomphe, est sans doute l’une des œuvres les plus connues de l’art français. Ce haut-relief monumental a ainsi assuré à François Rude d’être l’un des rares sculpteurs dont le nom parle un peu au grand public. Mais le reste de sa production est, pour une grande part, largement ignorée. Quant à son épouse, Sophie Rude, malgré la parution récente d’une monographie dont nous avions parlé ici même, elle est totalement méconnue, même des amateurs d’art.
La double rétrospective qu’organise le Musée des Beaux-Arts de Dijon est donc une très heureuse initiative. Elle consacre définitivement Rude comme l’un des grands génies de l’art français du XIXe siècle, et replace sa femme dans l’histoire de l’art, même s’il est incontestable que son rang doit y rester beaucoup plus modeste.

La muséographie d’Hubert Le Gall, très réussie, marie de manière harmonieuse les sculptures et les dessins de François aux peintures de Sophie. Certes, leurs œuvres ne se répondent finalement qu’assez peu. Le premier, après des débuts nettement néoclassiques dus à l’enseignement de François Devosges à Dijon et du sculpteur Pierre Cartellier à Paris, s’orienta par la suite vers le romantisme - dont le Départ des Volontaires est presque l’un des symboles. Jusqu’à la fin, il y mêla, outre des éléments classiques, un goût pour la Renaissance italienne, voire pour le maniérisme comme on le voit dans son Mercure (ill. 1), et pour la sculpture bourguignonne autour de Claus Sluter comme en témoigne ce chef-d’œuvre qu’est le torse de Christ en croix du Musée du Louvre (ill. 2).
Sophie, quant à elle, élève de Devosges puis de David à Bruxelles, commença sa carrière sous l’égide de ce…

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