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Fables du paysage flamand
Fables du paysage flamand. Bosch, Bles, Brueghel, Bril.
Lille, Palais des Beaux-Arts, du 6 octobre 2012 au 14 janvier 2013
Paysage avec la destruction de
Sodome et Gomorrhe, vers 1515-1520
Huile sur bois - 22,5 x 30 cm
Rotterdam, Musée Boijmans - Van Beuningen
Photo : Musée Boijmans
Les images sont « faites pour signifier une chose différente de ce qu’on voit avec les yeux », affirmait Cesare Ripa [1]. Le Palais des Beaux-Arts de Lille le démontre brillamment dans une exposition iconologique consacrée aux « fables du paysage flamand » au XVIe siècle. La fable - du verbe « fari », parler - désigne ici un « récit de fiction exemplifiant un sens moral », essentiellement extrait de la Bible [2] et de la mythologie.
Il est révélateur que le titre de nombreux tableaux exposés à Lille commence par la formule « Paysage avec … » suivie du sujet proprement dit, tiré de la vie du Christ, de l’Ancien Testament ou de l’hagiographie : à cette époque en effet, le paysage prend une certaine autonomie par rapport à l’histoire dont les acteurs sont désormais de petits personnages relégués dans un coin de la composition (ill. 1). Mais si la nature a la part belle, la démarche des peintres n’est pas purement esthétique ; le paysage devient métaphorique et s’organise de manière symbolique, comme l’explique Michel Weemans : « le tableau ne se contente pas d’illustrer un récit (hagiographique ou biblique), mais en donne une interprétation visuelle. » [3].
Paysage avec saint Christophe, vers 1535-1545
Huile sur panneau - 30 x 42 cm
Rotterdam, Musée Boijmans - Van Beuningen
Photo : Musée Boijmans
Cette tendance picturale est liée au développement de la Devotio moderna, mouvement spirituel qui naît aux Pays-Bas à la fin du XIVe siècle et favorise la prière personnelle, l’introspection, en bref une piété tout intérieure à laquelle les peintres offrent un support de méditation. L’exégèse est alors à un tournant, Érasme insiste sur…