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Franck Riester veut déposer les œuvres au Bénin préalablement à leur « restitution »

Didier Rykner 1 1 commentaire
Discours de Franck Riester le 4 juillet
lors du symposium sur l’art africain
Photo : Didier Rykner
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Certains pensaient que la question des « restitutions » était plus ou moins mise sous le boisseau car on n’en entendait plus beaucoup parler. Ils avaient tort : un « symposium » a été organisé aujourd’hui par le ministère de la Culture autour du patrimoine africain, dans l’auditorium de l’Institut.

Alors que Marie-Cécile Zinsou s’inquiétait de la volonté du Bénin, le ministre de la Culture Franck Riester, qui n’aime rien tant que faire l’inverse de ses missions (voir par exemple Notre-Dame), a affirmé, après avoir rendu hommage au rapport Savoy-Sarr (!), que les vingt-six œuvres du Bénin « prises de guerre du général Dodds dans le palais de Béhanzin en 1892 [1] », réclamées par les autorités de ce pays, « sortir[ont] des collections nationales dans les meilleurs délais ». S’il est néanmoins conscient que le code du patrimoine interdit ce transfert, il se fait fort de faire voter une loi le permettant, selon un calendrier restant encore à préciser « compte tenu du nombre important de textes en discussion au Parlement ». Il n’a rien dit sur les modalités d’un texte qui sera forcément dévastateur pour l’inaliénabilité des collections nationales qui remonte au XVIe siècle.

Plus grave : ne voulant pas attendre une loi qui régulariserait ce transfert d’œuvres des collections françaises vers un pays dont aucun musée public n’est en capacité de les recevoir et dont le gouvernement connaît une une inquiétante dérive autoritaire ayant même débouché sur des tirs à balles réelles sur des manifestants, il affirme que les objets seraient envoyés en dépôt car « ces 26 œuvres doivent pouvoir être vues, admirées et étudiées au Bénin ».
On s’interroge sur des dépôts dont la seule justification serait d’attendre une modification éventuelle de la loi, dans un contexte qui les empêcherait bien évidemment d’être temporaire, ce qui est la…

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