Contenu abonnés

Fernand Khnopff. Le maître de l’énigme

Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, du 11 décembre 2018 au 17 mars 2019

Le Sommeil ressemble à la Mort, Hypnos et Thanatos étaient frères jumeaux. Cela explique peut-être cette mélancolie qui baigne les peintures de Fernand Knopff, lui qui fut fasciné par le dieu du Sommeil. Il aimait plus précisément un bronze antique conservé au British Museum, une Tête d’Hypnos dont le casque a perdu l’une de ses deux ailes. Non seulement le maître symboliste en possédait une reproduction, mais il la cite dans plusieurs de ses tableaux. Telle quelle. Avec son aile en moins.


1. Fernand Khnopff (1858-1921)
I Lock My Door Upon Myself, 1891
Huile sur toile - 72 x 140 cm
Munich, Neue Pinakothek
Photo : BPK, Berlin
RMN-GP images BStGS
Voir l´image dans sa page

Elle apparaît pour la première fois en 1891, dans une toile mystérieuse dont le titre I lock my door upon myself est emprunté à un poème de Christina Rossetti (ill. 1). La tête du dieu, placée dans une niche à côté d’une fleur de pavot, surplombe une femme rousse dont le regard translucide se perd dans le vide ; elle semble hypnotisée ou traversée par une vision intérieure, indifférente au monde qui l’entoure. L’artiste conçut aussi un dessin inspiré du même poème, habité par la même figure : Who shall deliver me ?. George Rodenbach poète symboliste dont Khnopff était proche, exprime une idée similaire : « Ainsi mon âme seule et que rien n’influence ! / Elle est comme en du verre, enclose en du silence, / Toute vouée à son spectacle intérieur ».
La tête d’Hypnos surgit ailleurs, notamment dans Une Aile bleue en 1894. Le dieu a cette fois-ci les traits d’Antinoüs, favori de l’empereur Hadrien. Sans doute le peintre fut-il influencé par le roman de Jean Lorrain, Monsieur de Phocas, dont le personnage principal est obsédé par « le regard de marbre  » de la sculpture du Louvre.
Quant à la femme rousse, elle aussi apparaît dans d’autres oeuvres, auprès de La Solitude, enfermée cette fois-ci dans une bulle. Plus généralement ce visage androgyne à la mâchoire carrée hante tout…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.