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Domaine de Versailles, ou Versailles-land ?

Conserver, protéger, restaurer pour le compte de l’Etat et gérer, mettre en valeur et présenter au public les biens culturels qui font partie des collections inscrites sur les inventaires du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (première mission assignée à l’Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles)

Le domaine de Versailles n’est plus un musée comme les autres [1]. Il est devenu, et cette situation va en s’aggravant, un véritable parc de loisir, dont l’objectif principal n’est plus de conserver le patrimoine mais de le rentabiliser. Le nombre de visiteurs est aujourd’hui de l’ordre de 4 millions, chiffre semble-t-il insuffisant pour ses responsables. Il faut toujours plus de monde, toujours plus d’événements souvent sans rapport avec la vocation du château, toujours plus de travaux qui attireront l’attention des médias, fût-ce au détriment du domaine. Cette situation est due essentiellement au nouveau statut d’Etablissement Public, qui livre le château aux administrateurs, les conservateurs étant de plus en plus marginalisés. Essayons de résumer simplement une situation qui ne l’est pas.

La présidente, Christine Albanel, n’est ni conservateur, ni scientifique, et a été nommée car elle est une ancienne collaboratrice de Jacques Chirac.

Dépendent d’elle, d’une part Pierre Arizzoli-Clémentel, conservateur général et historien de l’art, directeur général en titre, et Christophe Tardieu, Inspecteur des Finances, ancien de l’administration des Douanes, aujourd’hui administrateur général du domaine.

Pierre Arizzoli-Clémentel est, nous a-t-il affirmé, le numéro deux (seulement le numéro deux serait-on tenté de dire), ce qui est confirmé par le décret d’avril 1995 portant création de l’Etablissement public. Cependant, l’article 20 de ce décret, modifié en 2003, précise : « L’administrateur général est placé sous l’autorité du président et, pour les matières relevant de sa compétence, du directeur général ». Christophe Tardieu n’est donc placé qu’en partie sous l’autorité de Pierre Arizzoli-Clémentel et directement rattaché à Christine Albanel pour les autres fonctions, comme le montre l’organigramme de l’EPV (Etablissement Public de Versailles). L’administrateur nous a dit dépendre directement de la présidente pour les parties administratives (DRH, affaires financières, service juridique, service informatique, accueil, surveillance, prévention incendie et jardiniers). Pierre Arizzoli-Clémentel nous a, pour sa part, précisé avoir l’autorité sur l’ensemble du personnel. On voit que la situation est tout sauf claire et il ressort, des échanges que nous avons eus avec les uns et les autres, que la répartition des responsabilités n’est pas comprise de la même manière par tous [2], d’autant qu’il faut compter avec les architectes en chef des Monuments Historiques, celui du château, Frédéric Didier et celui du parc, Pierre-André Lablaude.

Les travaux menés aujourd’hui sur le château de Versailles sont les héritiers…

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