Disparition de Pierre-André Lablaude

Bassin de Latone (détail)
après restauration par Pierre-André Lablaude
Photo : Lionel Allorge (CC BY-SA 3.0)
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2/8/18 - Disparition - Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques, en charge notamment des jardins du château de Versailles depuis 1990 jusqu’à sa retraite en 2012 est mort le 26 juillet dernier à l’âge de 71 ans.

Si nous n’étions à peu près d’accord sur rien quand il s’agissait de restaurer un monument historique, reconnaissons qu’il avait la capacité d’accepter la contradiction et qu’il était possible de discuter avec lui. Il nous répondait à chaque fois que nous l’interrogions, et défendait avec conviction ses travaux affirmant que : « pour les questions de restauration des jardins historiques, je suis en France un peu le seul. Trouvez-moi notamment quelqu’un qui connaisse la restauration des bassins anciens. » À croire donc qu’il ne serait désormais plus possible de restaurer des jardins historiques… La dernière fois que nous l’avions rencontré, c’était autour du bassin de Latone dont nous décrivions ici la manière dont il l’avait restauré ainsi que les travaux qu’il avait menés sur le Bassin des Enfants Dorés.

Il est donc difficile pour nous d’évoquer son décès et nous avons longuement hésité sur la manière d’écrire cette brève. Mais la mort ne rend pas les disparus soudainement géniaux. Pour la célébration de son action, nous renvoyons au communiqué dithyrambique du château de Versailles et à celui de la ministre de la Culture qui explique que Pierre-André Lablaude a profondément contribué aux réflexions sur la restauration des monuments historiques, sans rappeler que ses opinions allaient exactement dans le sens inverse de la charte de Venise que la France a pourtant ratifiée. Pour lui, l’important n’était pas de restaurer un monument dans son dernier état historique connu mais tel que, à son avis, il aurait dû être. Il prenait souvent comme exemple l’architecture japonaise où l’on remplace les matériaux et où une reconstruction est considérée comme un monument original…

La Tribune de l’Art perd un adversaire mais elle lui rend hommage pour sa personnalité et sa capacité de dialogue. Nous laisserons le soin à d’autres de célébrer son action d’architecte en chef des monuments historiques.

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