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Deux tableaux de Clémentine-Hélène Dufau acquis par Cambo-les-Bains

16/9/21 -  Acquisition - Cambo-les-Bains, Villa Arnaga Musée Edmond Rostand - Une femme peintre devrait fièrement afficher son prénom dans sa signature, au lieu de préférer l’ambiguïté des initiales qui peuvent laisser croire que son œuvre est celle d’un homme. Telle est l’opinion de Raymond Escholier [1] dans un article du Figaro en 1922 [2]. Il salue ainsi l’audace de Mademoiselle Dufau qui n’hésite pas à « signer crânement : Hélène Dufaù, au lieu du sempiternel C. H. Dufau, son Chant Intérieur du Salon d’Automne ».
La suite de l’article est assez stupéfiante pour un lecteur du XXIe siècle : l’auteur regrette que pour les femmes qui se camouflent avec leurs initiales, « ce qui importe avant tout, c’est de montrer qu’on a du muscle et qu’on est une femme athlète. » Seulement voilà : « La femme peintre ne nous plaît jamais tant que, lorsqu’en vraie femme, elle excelle à la cuisine... à la cuisine des couleurs, telle une Charmy, si affranchie pourtant, si saine, si vigoureuse, telle une Jacqueline Marval, brossant dans la joie les fleurs et les chairs les plus nacrées, les plus éphémères telle une Angèle Delasalle, dans ses sourdes et graves harmonies de Bagatelle, telle enfin celle qui reste la première de nos femmes artistes, la muse ineffable de l’Automne, Hélène Dufau, à laquelle nous devons, d’ores et déjà, le plus grand œuvre qu’ait peint une fille d’Ève, les Cygnes noirs et l’Apollon d’Arnaga, la Zoologie et les Mathématiques de la Sorbonne, et cet immense carton de tapisserie, dont la place est aux Gobelins et qui a nom le Chant de la Vie intérieure. [...] En dépit de l’exemple d’une Hélène Dufau, nos jeunes étudiantes des Beaux-Arts ne doivent pas ambitionner la gloire d’un Delacroix ou d’un Puvis... Une hirondelle ne fait pas le printemps. »


1. Clémentine-Hélène Dufau (1869-1937)
Jeune homme à la lecture sur fond de jardin Portrait présumé du fils
d’Edmond Rostand, Maurice
.
Huile sur toile - 100 x 87 cm
Cambo-les-Bains, Villa…

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