Deux dons et une restitution pour le Städel Museum

11/9/19 - Acquisitions et restitution - Francfort, Städel Museum - Si le Städel Museum de Francfort, comme nous l’avons déjà écrit, n’a que peu de moyens d’acquisition, il s’enrichit tout de même régulièrement soit par achat, soit souvent grâce à des donations. C’est ainsi que depuis l’entrée d’un Guido Reni (voir la brève du 28/1/15), il a reçu en don deux tableaux anciens, respectivement en 2016 et en 2017.


1. Abraham Bloemaert (1566-1651)
Moïse frappant le rocher, 1611
Huile sur panneau - 83,6 x 118,3 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum
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Le premier est un grand panneau d’Abraham Bloemaert représentant Moïse frappant le rocher (ill. 1) offert au Städel Museum par un collectionneur privé en 2016. On retrouve dans cette œuvre toutes les caractéristiques de ce peintre maniériste actif à Utrecht et communes aux peintres de cette école : un goût pour les compositions surchargées, avec une sorte d’horreur du vide, des personnages aux poses souvent contournées, voire acrobatiques comme les petits angelots qui virevoltent dans la partie supérieure, des coloris vifs… Ce tableau, signé et daté de 1611, représente un thème qu’a traité plusieurs fois l’artiste, notamment dans une œuvre conservée au Metropolitan Museum. Bien que plus précoce et d’une composition différente, on retrouve dans l’œuvre américaine la même manière de composer, avec le premier plan occupé par des figures secondaires tandis que Moïse frappant le rocher est repoussé à l’arrière-plan.


2. Giacinto Brandi (1621-1691)
Saint ermite (Saint Paul ermite ?), vers 1670/1680
Huile sur toile - 110 x 89 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum
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La seconde peinture, également un don d’une collection privée, est entrée au musée en 2017 (ill. 2). Il s’agit d’une œuvre attribuée à Giacinto Brandi, un artiste actif à Rome dans la seconde moitié du XVIIe siècle. S’il est l’auteur de nombreuses décorations baroques dans les églises de Rome, cette figure de saint ermite, peut-être saint Paul, en demi figure, témoigne d’un autre aspect de son art, qui relève d’un caravagisme tardif, sans doute sous l’influence de Mattia Preti avec lequel il se lia d’amitié.


3. Joseph Anton Koch (1768-1839)
Paysage avec l’ânesse de Balaam, vers 1832
Huile sur toile - 74 x 102 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum
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4. Joseph Anton Koch (1768-1839)
Paysage avec l’ânesse de Balaam, vers 1832
Crayon - 34,3 x 47,2 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum
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Le Städel Museum a pu également tout récemment récupérer dans ses collections un très beau paysage de l’Autrichien Joseph Anton Koch (ill. 3), qui avait disparu depuis la Seconde guerre mondiale et l’occupation américaine en 1945, après la défaite de l’Allemagne nazie. La propriétaire américaine - de bonne foi - qui avait hérité de cette œuvre, a réalisé qu’elle avait été volée au musée en faisant des recherches qui l’ont conduite à consulter la base lostart.de où elle était répertoriée. Elle a donc décidé de la lui rendre spontanément. Ce tableau avait été acheté directement à l’artiste par le Städel Museum en 1832 avec un autre de la même période, Paysage avec le viol d’Hylas. Le musée conserve désormais trois peintures et treize dessins de Joseph Anton Koch dont un préparatoire à cette composition (ill. 4).
Si l’œuvre, récemment restaurée et encadrée, montre l’influence qu’a pu avoir sur celui-ci des paysagistes classiques actifs à Rome tels que Nicolas Poussin et Claude Lorrain, le traitement, d’une naïveté parfaitement assumée, et les effets de lumière qui donnent une atmosphère un peu irréelle à cette scène (on appréciera notamment la manière dont les rayons du soleil répondent à ceux qui émanent de l’ange) sont assez typiques de l’art des Nazaréens, groupe dont Koch fut une des figures les plus importantes. Il peignit ce sujet à plusieurs reprises : une version a brûlé lors d’une exposition au Glaspalast à Munich en 1931, une autre est conservée dans la collection du Germanisches Nationalmuseum à Nuremberg.

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