Des vols moins nombreux, mais plus graves

Grünes Gewölbe
Photo : SvenS D (CC BY-SA 3.0)
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Sur les circonstances du vol de lundi dernier à Dresde, dans le Musée de la Voûte Verte (Grünes Gewölbe), comme sur les objets qui ont été dérobés, nous n’avons malheureusement aucune précision supplémentaire, si ce n’est que d’après Die Welt, une quinzaine d’objets ont disparu. Nous renvoyons aux articles assez complets publiés par nos confrères de la presse généraliste, notamment Éric Biétry-Rivierre et Erwana Le Guen dans Le Figaro. Ils insistent tous sur la gravité de ce crime et la perte patrimoniale majeure qu’il constitue.

Si le nombre de vols d’œuvres d’art est plutôt en diminution - ce point est souligné systématiquement par les policiers que nous rencontrons - ceux qui surviennent encore portent souvent sur des œuvres qui ne sont pas dérobées pour leur valeur artistique, mais pour la matière dont elles sont faites. Les vols sont moins nombreux, mais ils sont paradoxalement beaucoup plus graves. Si l’on peut toujours espérer retrouver une statue, ou un tableau, et si d’ailleurs on les retrouve souvent malgré tout, il en va rarement de même pour les objets en métal ou en pierres précieuses.
De l’avis général, les montures de diamants qui ont été emportées vont être, si elles ne le sont pas déjà, démontées, et les pierres précieuses qui datent du XVIIIe siècle vont être retaillées. Cela aboutira à leur disparition définitive et à une perte irrémédiable pour le patrimoine mondial. Il en va de même pour des œuvres moins précieuses, certaines sculptures en bronze par exemple, volées dans l’espace public, pouvant ensuite être revendues au prix du métal. Rappelons par exemple aussi les vols récents dans des trésors d’églises en France, celui de la cathédrale d’Angoulême (voir la brève du 13/11/17), de la couronne de la Vierge du Musée de Fourvière, là aussi sertie de diamants, ou encore tout récemment celui du trésor de la cathédrale d’Oloron (voir cet article du Figaro) dont nous n’avions pas parlé. Certains objets risquent là encore, de disparaître corps et bien.


Terminons néanmoins cet éditorial sur une note un peu plus optimiste : il arrive parfois que l’inéluctable ne le soit finalement pas. Ainsi, le vol de la Salière de Benvenuto Cellini n’a pas abouti à sa fonte - ce que chacun craignait - puisqu’elle a pu être retrouvée à peu près intacte. Et le Cœur d’Anne de Bretagne pour lequel on pouvait s’attendre au pire, a lui aussi été retrouvé sans dommage. C’est tout ce que l’on souhaite, sans trop y croire, pour les parures du musée Grünes Gewölbe de Dresde [1].

Didier Rykner

Notes

[1Remarquons que l’interdiction de photographier en vigueur dans ce musée entraine l’absence presque complète d’images sur le web et nous interdit de bénéficier d’illustrations libres de droit.

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