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Je m’écoute et je me convaincs ou l’anti-Philippe de Champaigne de José Goncalves

Moana Weil-Curiel

José Goncalvès, Philippe de Champaigne

Il y a quelques années de cela, en 1995, José Goncalves avait publié un petit ouvrage assez généreusement illustré, Philippe de Champaigne, ou le patriarche de la peinture. Aussi, malgré certains articles où transparaissaient déjà quelques affirmations souvent péremptoires [1], évidentes sources d’erreurs, l’annonce puis la mise en ligne progressive d’une monographie du peintre pouvait laisser espérer que, malgré les incertitudes et les erreurs inévitables, s’y trouveraient réunis le sérieux et l’humilité du chercheur et la sensibilité de l’artiste-peintre (statut qu’il revendique dès son Avant-propos). Or, il faut constater que tous les défauts et les approximations de ses précédentes publications se trouvent aujourd’hui réunis, et démultipliés [2], dans l’étude et le « catalogue » qu’il a mis progressivement en ligne, depuis deux ans [3].

C’est parce que nous avons volontiers répondu à son invitation de lire intégralement cette publication, avec un maximum d’objectivité (nous ne sommes pas un spécialiste du peintre), que nous sommes en mesure de faire une série de constats et de remarques sur ce travail, entamé selon lui il y a plus de vingt-cinq ans mais qui se révèle, finalement, presque bâclé [4] et, en même temps, figé depuis longtemps. Loin de renouveler comme il l’affirme la vision qu’on peut avoir de l’artiste, J. Goncalves l’enferme trop souvent dans des cadres ou, pour reprendre ses propres mots, des « images d’Epinal » : ces clichés de l’artiste [5] et, plus généralement, de la peinture du temps, [6], qu’on pouvait encore avoir au XIXe siècle ou au début du XXe siècle [7]. A d’autres endroits, sa vision de l’artiste, par ses références trop « modernes » [8], lui permet d’autant moins de le comprendre et de lui rendre hommage que s’y retrouvent bien souvent le pire des interprétations « psychologiques » [9] et, surtout, une série d’erreurs historiques et d’approximations, à partir desquelles il n’hésite pourtant pas à énoncer, affirmer, ou conclure [10]. Même s’il n’a pas toujours été bien servi par ses partisans, Philippe de Champaigne, « artiste maudit » de l’historiographie, mérite pourtant bien mieux que cette suffisance et ces impérities censées contribuer à sa gloire. Précisons tout de suite que la contribution d’un amateur (terme que l’on peut prendre dans son double sens de néophyte et de connaisseur), passionné par un artiste auquel il consacre de longues années d’étude, ne donne pas forcément des résultats critiquables a priori. Mais pour cela, il faut être en mesure de garder à l’esprit l’humilité qu’impose un travail qui doit davantage servir l’artiste que son auteur, et une prudence [11] d’autant plus nécessaire quand trois siècles riches de destructions, de légendes et d’oublis, nous séparent du sujet étudié.

Malgré certaines emphases [12], le premier alinéa de son Avant-propos laissait augurer d’un tel travail, sérieux et attentif. Toutefois, José Goncalves, dont on se rend…

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