Des sculptures récemment acquises par Washington

30/10/19 - Acquisition - Washington, National Gallery of Art - Nous n’avions pas fait état de sculptures entrées à la National Gallery depuis 2012, et l’achat d’un superbe bénitier baroque romain (voir la brève du 2/11/12). Vérification faite, des sculptures américaines ont été acquises, et le musée a également récupéré, comme nous l’avions déjà signalé, de nombreuses œuvres provenant des collections de la Corcoran Gallery (il ne s’agit donc pas, stricto sensu, d’acquisitions du point de vue des musées américains). Mais le nombre de sculptures européennes anciennes et du XIXe siècle acquises depuis cette date est très réduit si l’on excepte les médailles et les bronzes animaliers du XIXe qui feront l’objet d’une prochaine brève. Sauf erreur nous n’avons repéré que trois œuvres dans cette catégorie, même si la première est constituée de cinq éléments.


1. Angleterre, vers 1440/1460
Vierge, Marguerite d’Antioche, Catherine d’Alexandrie, Apollonie, Marie de Cléophas (?)
Albâtre - 62 × 19 × 6 cm (Vierge) ; 25 × 7 × 3 cm (saintes)
Washington, National Gallery of Art
Photo : NGA
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Il s’agit d’albâtres anglais du XIVe siècle, mais provenant d’une chapelle des Asturies, la Capilla de Nuestra Señora del Campo, pour laquelle ils avaient été probablement commandés par Diego Garcia de Moldes. Réalisés en abondance en Angleterre, notamment au XVe siècle et essentiellement dans la région de Nottingham, les albâtres étaient souvent produits, comme ici, pour l’exportation. Il s’agit donc de cinq sculptures (ill. 1) : une grande Vierge à l’Enfant et quatre figures de saints (Marguerite d’Antioche, Catherine d’Alexandrie, Apollonie et, peut-être, Marie de Cléophas), auxquelles s’ajoutent pour chacune des dais, également en albâtre. Il est étonnant que malgré les lois très protectrices d’exportation d’œuvres d’art en Espagne cet ensemble qui avait été au XVIe siècle inséré dans un nouveau retable toujours en place dans la chapelle ait pu en être enlevé et exporté aux États-Unis sans autre forme de procès : vendu chez Sotheby’s Londres le 5 décembre 2012, il y avait été acquis par Sam Fogg à qui la National Gallery l’a acheté en mai 2014.


2. Atelier d’Étienne-Maurice Falconet
Vénus et Cupidon
Terre cuite - 38,1 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : NGA
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Une deuxième sculpture représente un saut dans le temps de plusieurs siècles, puisqu’il s’agit d’une terre cuite française du XVIIIe siècle, de l’atelier d’Étienne-Maurice Falconet (ill. 2). Représentant Vénus et Cupidon, elle est similaire à d’autres œuvres de Falconet et de son atelier préparatoires à des groupes en porcelaine de Sèvres dont le sculpteur était devenu le directeur. Passée en vente à Londres chez Christie’s le 6 décembre 2017, elle a été achetée par David H. McDonnell qui l’a offerte à la National Gallery en 2018.


3. Pierre-Jean David, dit David d’Angers (1788-1856)
Buste du Comte Antoine Boulay de la Meurthe, 1832
Marbre - H. 70 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : NGA
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Enfin, la troisième œuvre est un buste en marbre de David d’Angers représentant le comte Antoine Boulay de la Meurthe (ill. 3), exposé au Salon de 1833, acheté en novembre 2017 chez Daniel Katz à Londres. Boulay de la Meurthe fut un homme politique dévoué à la cause bonapartiste, qui partit en exil après les Cent-Jours jusqu’en 1819, mais qui se retira alors de la vie publique.
Au moment où David d’Angers sculpte son effigie, en 1832, il a soixante et onze ans. L’artiste est ici au sommet de son art, dans la manière dont il montre la peau burinée et ridée de son modèle qui conserve, malgré le poids de l’âge, une allure martiale qui n’est pas sans évoquer un buste d’empereur romain. David d’Angers réalisa également, la même année, une médaille de Boulay de la Meurthe dont un exemplaire se trouve au Metropolitan Museum, et un autre au Musée Carnavalet.

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