Des nouvelles (rassurantes) de la Sainte Bibiane du Bernin

La Sainte Bibiane du Bernin après son
retour dans l’église et avant sa repose
dans la niche et le doigt brisé
Photo : La Tribune de l’Art
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3/5/18 - Patrimoine - Gian Lorenzo Bernini - Grâce à une lectrice de La Tribune de l’Art, nous pouvons montrer ici une photo de la Sainte Bibiane du Bernin le 20 mars dernier, alors que celle-ci avait été rentrée dans l’église avant d’être remise à son emplacement d’origine, et avant que le doigt ne soit tombé (voir la brève du 2/5/18).
Fort heureusement, de nouveaux éléments donnés par la Reppublica (voir ici le reportage réalisé sur place) sont d’une certaine manière plutôt rassurants. Les circonstances de l’incident sont manifestement parfaitement déterminées : c’est au moment où la sculpture a été remise à son emplacement d’origine que le doigt a heurté la paroi de la niche, ce qui l’a brisé. Le morceau de marbre a été conservé et la sculpture pourra donc être restaurée.

Dans cette vidéo, le surintendant des Biens Culturels de Rome, Francesco Prosperetti, explique qu’ils n’auraient jamais donné l’autorisation de transporter la sculpture pour l’exposition s’il « n’avait pas été nécessaire d’intervenir pour une restauration importante ». Celle-ci, selon lui, « était indispensable pour admirer la statue dans sa position originale ». Celle-ci avait été bougée une première fois au milieu du XVIIIe siècle et la statue s’était désolidarisée de son socle et réinstallée d’une manière différente. « La statue ne regardait plus ce qu’elle devait regarder, c’est-à-dire l’image de Dieu le père qui se trouve sur la voûte » et, toujours selon lui, « la lumière n’éclairait plus les parties polies et brillantes mais les parties moins finies ». On peut tout de même s’interroger sur ces explications. Depuis plus de deux siècles et demi, personne ne s’était vraiment inquiété de la position de cette sculpture, apparemment donc légèrement modifiée par rapport à celle d’origine. Était-il vraiment raisonnable de la bouger une nouvelle fois ? Si les dégâts sont heureusement moins graves qu’on ne le craignait (il ne sera pas nécessaire de refaire le doigt), cet incident aurait pu être évité. On peut aussi s’interroger sur ce qui se serait passé si la Reppublica n’avait pas révélé l’affaire : aurions nous été informé ou l’incident aurait-il été tenu secret ?

Il reste que, comme nous l’écrivions, il faut une fois de plus s’interroger sur les raisons pour lesquelles on transporte ce type de chefs-d’œuvre, mais aussi sur la nécessité de certaines restaurations.

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