La Sainte Bibiane du Bernin mutilée

Gian Lorenzo Bernini (1598-1680)
Santa Bibiana
Marbre
Rome, église Sainte Bibiane
(avant la mutilation du doigt)
Photo : Wikipaintings (CC BY-SA 3.0)
Voir l´image dans sa page

2/5/18 - Vandalisme - Gian Lorenzo Bernini - Comme pour le deaccesioning (voir la brève précédente), nous ne cessons de dénoncer le transport d’œuvres d’art trop fragiles pour être bougées, pour des objectifs qui n’ont souvent aucun rapport avec l’histoire de l’art. Un accident lamentable vient d’avoir lieu, dénoncé à raison par toute la presse italienne après sa révélation par La Repubblica : la Sainte Bibiane du Bernin, qui avait été exposée à la Villa Borghese dans la récente rétrospective consacrée au sculpteur, a perdu l’annulaire de la main droite. Les circonstances ne sont pas clairement identifiées, mais il semble bien que ce dommage gravissime - d’autant qu’apparemment le doigt n’a pas été retrouvé - ait eu lieu pendant le transport de l’œuvre de la galerie Borghese jusqu’à son emplacement d’origine, après la fin de l’exposition.

Celle-ci a reçu des critiques très positives, et plusieurs personnes nous en ont dit le plus grand bien. Cela justifiait-il de faire venir cette statue à la galerie Borghese ? Nous ne nous prononcerons pas à ce sujet faute d’avoir pu voir l’exposition. Mais cela prouve une nouvelle fois qu’on ne transporte pas impunément une grande sculpture en marbre, quelle que soit la distance parcourue, et qu’il serait raisonnable de s’abstenir de le faire pour les plus grands chefs-d’œuvre. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, ainsi que des spécialistes de la sculpture (voir cet article), le transport d’une partie du groupe des chevaux d’Apollon de Versailles à Arras d’abord, puis au Louvre Abu Dhabi ensuite, est et demeure un scandale que ravive le sort subi par cette sculpture du Bernin. Tant le président du Louvre que la présidente de Versailles qui ont autorisé ce déplacement sont à blâmer fortement. Si l’une de ces sculptures devait être abimée durant le transport, ce ne serait certainement pas la faute à pas de chance. Quant à la Joconde ou à la tapisserie de Bayeux, que respectivement le ministère de la Culture et la Présidence de la République souhaitent prêter contre l’avis de tous les spécialistes (voir notamment ici et ici), cela devrait au moins les faire réfléchir…

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.