Cinq nouvelles pièces de porcelaine pour Versailles

Julie Demarle

27/03/19 - Acquisitions - Versailles, Musée national du château - Le musée national du château de Versailles a acheté le 17 janvier dernier cinq pièces en porcelaine de Chine aux armes de France chez Christie’s à New-York pour 48 872 euros frais inclus (55 000 dollars). Les deux grands plats et les trois écuelles rejoignent le plat offert au musée l’année passée (voir la brève du 26/10/18) issu du même Service aux armes de France. Il a été commandé par Louis XV à la manufacture chinoise Jingdezhen, par l’intermédiaire de la Compagnie française des Indes, en juin 1738. Plusieurs pièces de ce service furent exposées à Versailles en 2014 dans l’exposition « La Chine à Versailles : art et diplomatie au XVIIIe siècle ». Il s’agissait d’une aiguière conservée par le musée Guimet ainsi que d’un seau à bouteille et de trois plats ronds de la collection privée d’Antoine Lebel, le propriétaire des cinq pièces dispersées par Christie’s.


2. Manufacture de Jingdezhen (Chine)
Deux plats du Service de table aux armes de France, vers 1738-40
Porcelaine de chine - diamètre : 47 cm
Versailles, Musée national du château
Photo : Christie’s
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2. Manufacture de Jingdezhen (Chine)
Trois écuelles du Service de table aux armes de France, vers 1738-40
Porcelaine de chine - diamètre : 13,6 cm
Versailles, Musée national du château
Photo : Christie’s
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La composition exacte du service demeure inconnue puisque le mémoire de commande a disparu et que les inventaires des porcelaines des cabinets du Roi sont tardifs et lacunaires. En 1780, ces derniers mentionnent une dizaine de plats et assiettes, une soupière avec couvercle et son plat ainsi que quatre seaux. Marie-Laure de Rochebrune, conservateur en chef au château de Versailles en charge des collections d’objets d’art, liste dans sa notice du catalogue de l’exposition de 2014 quelques autres pièces du Service passées en ventes publiques. Elle souligne qu’il ne s’agissait pas exclusivement d’un service de table puisque l’ensemble comptait également des flambeaux et un encrier.

Les plats comme les écuelles couvertes à anses en forme de coquille à fond bleu, probablement dotées de soucoupes à l’origine, ont une forme occidentale. Le décor est organisé autour d’un blason central aux armes de France, couronné et entouré des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Les plats déploient deux frises dorées sur les bords extérieurs et intérieurs des marlis. Fine sur l’extérieur, la frise intérieure plus large, constituée d’arabesques et de fleurs de lotus, présente des cartouches polychromes ornés d’un double L opposé couronné et flanqué de branches de laurier. Entre les deux frises les marlis développent un décor polychrome - orangé, bleu, vert et or - sur un fond laissé largement blanc dans le style kakiemon japonais. Le motif de branche fleurie supportant un plat garni d’un agrume - mains de bouddha et cédrats - prend place entre des cartouches ronds agrémentés d’un éventail ouvert ou d’une fleur de lotus. Les écuelles reprennent le même programme décoratif ajoutant des fleurs de lys sur les couvercles et de chrysanthème sur les boutons.

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