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Boîtes en or et objets de vertu au XVIIIe siècle

Paris, Musée Cognacq-Jay, du 21 décembre 2011 au 6 mai 2012

1. Etui à tablettes
Vienne, vers 1750-1770
Or ciselé et émaillé
émail translucide sur basse taille
peinture en émail - 5,5 x 4 x 0,98 cm
Paris, Musée Cognacq-Jay
Photo : Musée Cognacq-Jay

L’« objet de vertu » n’a rien de chaste, il est davantage un signe de faste; précieux et raffiné, il reflète la situation sociale de son propriétaire. L’origine de cette expression n’est pas clairement déterminée; elle pourrait être empruntée au nom d’un orfèvre ou d’un collectionneur anglais, ou alors faire référence aux « vertueux », ces protestants qui, après la révocation de l’édit de Nantes, préférèrent l’exil au reniement de leur foi et parmi lesquels se trouvaient des orfèvres ; plus simplement, il est possible qu’elle dérive du mot « virtuosité ». Celle-ci est incontestable, et particulièrement bien mise en valeur dans l’exposition du musée Cognacq-Jay organisée à l’occasion de la publication du catalogue raisonné de ses collections, riches de quelque 240 boîtes : tabatières, nécessaires, bonbonnières, boîtes à mouches, objets dits de vertu qui englobent les pommeaux, les étuis et autres pièces destinées à enjoliver le quotidien, tout ce que le XVIIIe siècle appelle des « bijoux » au sens large. Ainsi un pommeau de canne en or arbore une montre à trois cadrans donnant l’heure dans trois pays différents (Genève, fin XVIIIe), tandis que de petits étuis plats « à tablettes » renferment des feuilles d’ivoire sur lesquelles on pouvait noter un rendez-vous ou une pensée (ill. 1).

Le parcours n’a rien d’ennuyeux et sait éviter l’effet d’accumulation ; au contraire, les oeuvres sont exposées dans de petites vitrines circulaires disposées au milieu des salles et autour desquelles le visiteur peut tourner pour mieux les scruter. Elles sont réparties par matériaux - ors, émaux, porcelaine, pierres dures… - et par origine géographique (essentiellement France et Allemagne). Le classement est à peu près identique dans le…

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