Rennes recherche des mécènes pour restaurer un carton de tapisserie

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15/2/24 - Mécénat - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Le Sort s’est acharné : une partie des tapisseries du Parlement de Bretagne qui n’avaient pas été détruites dans l’incendie de 1994, disparurent en 1997 dans l’incendie de l’atelier de restauration où elles avaient été soigneusement déposées. Seule la moitié a survécu. On conserve également les cartons, autrement dit les modèles, peints à grandeur d’exécution du tissage à effectuer. Ce sont eux qui permettent aujourd’hui de se faire une idée du décor monumental, composé en tout d’une vingtaine de tapisseries, qui ornait deux grandes salles du Parlement. Dans la Première chambre civile étaient déclinées des allégories conçues par Joseph Blanc. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes a tout récemment acquis des esquisses de Blanc pour quatre allégories, l’Histoire, la Philosophie, l’Éloquence, et la Morale (voir la brève du 6/2/24). Dans la Grand Chambre, l’histoire de Bretagne fut confiée à Édouard Toudouze à partir de 1899. À sa mort, en 1907, Maurice Lenoir acheva le carton qui était en cours d’exécution La Prédication d’Abélard (ill. 1). Auguste Gorguet se chargea ensuite des dernières compositions. Ces deux ensembles de tapisseries furent réalisés par la Manufacture des Gobelins entre 1899 et 1925.
Les cartons, détenus par le Mobilier national, ont été déposés au Musée des Beaux-Arts de Rennes qui a consacré en 2016 une remarquable exposition aux tapisseries du Parlement de Bretagne. Outre les cartons, des maquettes, des dessins et des calques permettaient de comprendre le processus de création et de documenter cet ensemble admirable (voir l’article).


1. Édouard Toudouze (1848-1907)
Maurice Leloir (1853-1940)
La Prédication d’Abélard, 1907
Huile sur toile - 537 x 232 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Manuel Salingue/MBA Rennes

Si les cartons de Joseph Blanc sont peu nombreux à être conservés aujourd’hui, ceux de Toudouze et de Gorguet devraient être installés prochainement dans la Grand Chambre du Parlement afin de donner une idée du décor tissé qui habillait la salle.
Néanmoins, pour que ce projet soit mené à bien, les cartons doivent être restaurés. Certains l’ont été ; trois d’entre eux le seront bientôt grâce à de généreux mécènes [1] : Jeanne d’Arc et le Connétable de Richemont, Le Combat des Trente et Le Couronnement de Nominoé (ill. 2 et 3). Il en reste un quatrième : La Prédication d’Abélard (ill. 1). L’amant d’Héloïse se tient debout, entouré de ses élèves, tandis que la Ville de Nantes reste pensive dans la partie inférieure. Toudouze traita le même sujet sur un format horizontal, vers 1902 ; dans cette première idée apparaît la Ville de Nantes dans la même position, mais elle est cette fois-ci une statue de pierre.
Le musée lance une souscription par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine afin de financer la restauration de ce carton. Il s’agit de réunir 16 000 euros ; les dons sont, comme toujours, défiscalisés. Ceux qui participeront à hauteur de 200 euros seront invités à la soirée organisée le 13 avril 2024 à 18h30, parrainée par Pascal Jaouen, brodeur, styliste et fondateur de l’école de broderie de Quimper. Au programme : cocktail dînatoire et concert dans les salles du Parlement.


2. Édouard Toudouze (1848-1907)
Jeanne d’Arc et le Connétable de Richemont, 1907
Huile sur toile - 537 x 245 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Manuel Salingue/MBA Rennes
3. Édouard Toudouze (1848-1907)
Le Couronnement de Nominoë, 1905
Huile sur toile - 548 x 264 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Manuel Salingue/MBA Rennes

Notons pour conclure que le Parlement de Bretagne fut aussi orné, au XVIIe siècle, d’un fameux décor peint par Noël Coypel. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes lui consacre justement une exposition, qui vient de s’ouvrir et dont le premier volet présenté à Versailles s’est achevé en janvier (voir l’article).

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