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Amour

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

Louvre-Lens, du 26 septembre 2018 au 21 janvier 2019

1. L’Offrande du cœur
Arras ? vers 1400-1410
Tapisserie de laine et soie - 247 x 209 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP
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« Derrière l’amoûûûr, il y a / Toute une chaîne de pourquoi » constatait avec philosophie Johnny Hallyday devant une foule en délire qu’on ne retrouve pas au Louvre-Lens. Le musée s’attaque au même sujet pourtant : l’Amour. Sans rire. Sa dernière exposition a pour ambition de retracer l’histoire des manières d’aimer, de l’Antiquité à nos jours (ill. 1). On imagine comment les peintures, les sculptures et les objets d’art ont été choisis : il suffit d’entrer dans un musée les yeux bandés, de tourner sur soi-même plusieurs fois pour s’étourdir un peu et rendre ainsi le jeu plus amusant, puis de pointer du doigt des œuvres au hasard. Bonne pioche. Elles collent au sujet. De fait, ils sont tous là : Roméo et Juliette, la femme adultère, Youyou et Tiy, Lucrèce, Henri IV, un Satyre, une Bacchante, George Sand… C’est encore mieux que les célébrités réunies pour les Restos du Cœur. Éros et Vénus étrangement se font discrets ; l’un, marbre antique, apparaît dans la première salle (ill. 2), l’autre, sculpture de 1964, se dresse dans la dernière section. La Vierge Marie en revanche est bien là. Elle s’est invitée à la fête avec la Madeleine et Thérèse en extase. Il semblait pourtant que le sujet - très vaste - de l’exposition avait - tout de même - été limité aux liens entre les « êtres désirants », excluant l’amour des siens et l’amour divin qui auraient exigé bien d’autres développements. Le propos en outre était censé s’en tenir à l’art occidental, mais - là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir - pourquoi ne pas s’autoriser quelques digressions du côté de la sculpture égyptienne et de la littérature arabe qui narre les amours contrariées de Majnûn et de Laylâ. Allez savoir... Les commissaires ont leurs raisons que les visiteurs ignorent. Alors de salle en salle s’enchaînent les pourquoi.

2. Vue de l’exposition
Section sur « l’amour éternel »
Eros à l’Arc , IIe siècle après J.-C., d’après un original en bronze attribué à Lysippe
Oreste et Pylade, Ier siècle après J.-C d’apèrs un original grec du IVe siècle
Lens, Musée du Louvre-Lens
Photo : Service
presse/Musée du Louvre-Lens
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Pourquoi l’« amour éternel » serait-il l’apanage de l’Antiquité ? C’est ce que suggère, en guise d’introduction, un déploiement de statues funéraires, romaines, grecques, égyptiennes, montrant des hommes et des femmes unis jusque dans la mort. « Surgissant de la nuit des temps, ces couples se présentent souvent accolés ou enlacés pour l’éternité, comme s’ils ne formaient qu’un seul être [1] ». Bouleversant. Les gisants et les orants chrétiens ne se montraient sans doute pas assez tactiles pour avoir l’heur d’être invités à Lens.
L’amour homosexuel est bien sûr évoqué. Mais pas les amours saphiques, qui n’apparaissent nulle part sinon sur de petites estampes du XVIIIe à caractère…

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