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Ambre. Trésors de la mer Baltique du XVIe au XVIIIe siècle

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Paris, Galerie Kugel, du 18 octobre au 16 décembre 2023

La matière luit et rougeoie, séduit et fascine : plus rare sur les rives de la Seine que sur celles de la mer Baltique, l’ambre méritait assurément cette exposition aussi belle que savante, qui se déploie dans les belles Neue Kammern de la galerie Kugel. Aménagés par le décorateur Alain Demachy puis inaugurés à l’automne 2017, ces espaces habilement transformés en cabinet de curiosités constituent un écrin idéal pour la cinquantaine de pièces rassemblées au fil de plusieurs décennies. Alexis et Nicolas Kugel l’assurent : c’est l’exposition qui exigea la plus délicate préparation. Après l’orfèvrerie strasbourgeoise (voir l’article), les horloges augsbourgeoises (voir l’article) et - plus récemment - le piqué d’écaille napolitain (voir l’article), la galerie Kugel conduit donc ses visiteurs sur la route de l’ambre, or du Nord qui figurait déjà sur les premières cartes géographiques imprimées du littoral prussien au XVIe siècle. Les spécialistes ou les lecteurs du récent ouvrage de Pierre-Ange Salvadori savaient que le nom scientifique de l’ambre baltique - succinus - était déjà indiqué sur la bande de terre séparant Dantzig et Königsberg [1] dans la si célèbre Carta marina de 1539 dressée par le dernier archevêque catholique de Suède, Olaus Magnus. Ambre dérive pourtant d’un terme arabe et son origine suscita tous les fantasmes avant le XVIIIe siècle où le savant russe Mikhaïl Lomonossov démontra définitivement qu’il s’agissait d’une résine sécrétée par des arbres puis fossilisée. Le riche catalogue de l’exposition nous raconte aussi sa récolte, le rôle des chevaliers teutoniques et le sort des populations côtières contraintes de ramasser l’ambre après chaque orage sans avoir le droit d’en conserver, sous peine d’amende voire de mort au XVIe siècle.


1. Vue de l’exposition « Ambre. Trésors de la mer Baltique du XVIe au XVIIIe siècle »
Photo : Guillaume Benoit
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2. Vue de l’exposition « Ambre. Trésors de la mer Baltique du XVIe au XVIIIe siècle »
Photo : Guillaume Benoit
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Fort heureusement pour eux, les visiteurs de l’exposition de la galerie Kugel risquent tout au plus de friser le syndrome de Stendhal en déambulant parmi les merveilles si habilement disposées dans une obscurité propice à la contemplation (ill. 1) de ces trésors aux provenances généralement prestigieuses, puisqu’on croise aussi bien les Borghèse que les Rothschild sur les cartels accompagnant les œuvres. Très souvent réalisées à Dantzig ou à Königsberg, les deux grands centres de production au XVIe puis au XVIIe siècle, celles-ci ont parfois pu être rattachées à des artistes dont certains signaient même leurs pièces. Les objets exposés recouvrent une typologie fort variée, clairement présentée dans le catalogue, qui analyse chopes et coffrets. Parmi ces derniers, avouons une tendresse particulière pour l’exemplaire (ill. 2) qui a successivement appartenu à Alphonse puis à Édouard de…

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