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Alexandre-Évariste Fragonard

Auteur : Rébecca DufFeix.

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Si la petite rétrospective organisée fin 2020 par le Musée d’Angoulême avait connu un destin contrarié, devant fermer ses portes en raison du Covid moins d’un mois et demi après son ouverture (voir l’article), Évariste Fragonard bénéficie heureusement désormais d’un catalogue raisonné publié par les remarquables éditions Arthena. Nous avions écrit à l’occasion de l’exposition, et si cet article reste valable, la monographie permet d’appréhender plus complètement la vie et l’œuvre du fils du grand Jean-Honoré Fragonard.

Celui-ci fut un enfant prodige. Il entra en effet dans l’atelier de David à l’âge de douze ans et exposa pour la première fois au Salon, en 1793, alors qu’il n’en avait que treize. Cette première œuvre montrée au public était un dessin, et longtemps il se contenta de dessiner. Si cette feuille n’est plus localisée, deux autres datant de 1795 (ill. 1) montrent que ses premiers exercices, déjà remarquables pour un artiste aussi jeune, sont proches de ceux de son maître. Très rapidement néanmoins, tout en conservant ce style néoclassique très maîtrisé, uniquement basé sur le noir et blanc (il ne commença à pratiquer l’aquarelle qu’aux environs de 1810), sa manière se rapprocha de Prud’hon ou de Boilly, avec des feuilles très abouties qui avaient valeur d’œuvres définitives (ill. 2).


1. Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850)
Le Jugement de Salomon, vers 1795
Plume, lavis bistre, encre de chine
et gouache blanche - 28,4 x 36 cm
Tours, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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2. Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850)
Le Jugement de Psyché ou Psyché reconnaissant ses fautes devant Vénus, vers 1795 ?
Pierre noire rehaussée de blanc - 55 x 89 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/M. Beck-Coppola
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3. Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850)
La Bataille de Marignan, 1835
Huile sur toile - 465 x 543 cm
Versailles, Musée national du château
Photo : Musée national du château de Versailles
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Les tableaux de Fragonard relèvent presque exclusivement du genre historique, parfois anecdotique avec des sujets tirés de la littérature, de la biographie des artistes ou de l’histoire nationale, dans un style troubadour tardif puisqu’il se développa essentiellement à partir de 1820, donc bien après l’apparition de ce courant au tout début du XIXe siècle, sous le pinceau des Fleury Richard ou autres Pierre Revoil. Ses peintures furent parfois plus ambitieuses comme dans les batailles peintes pour Versailles (ill. 3) ou dans ses grandes toiles religieuses plus rares et dont hélas bien peu sont parvenues jusqu’à nous, mais la manière de peindre, très finie, très classique malgré des compositions parfois plus romantiques (ill. 4), ne varia pas beaucoup.

L’ouvrage décrit remarquablement bien comment le peintre compose ses tableaux dans une manière qui les rapproche de…

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