Acquisitions récentes du Musée de Pont Aven

1. Maurice Denis (1870-1943)
Baigneuses au Port-Blanc, 1925
Huile sur toile
Pont-Aven, Musée
Photo : Patrick Goetelem
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29/5/18 - Acquisitions - Pont-Aven, Musée - Deux œuvres issues de la prestigieuse collection Josefowitz sont récemment entrées au Musée de Pont-Aven. Décédé en 2015, Samuel Josefowitz était un amateur réputé de l’Ecole de Pont-Aven et des Nabis, possédant des Gauguin, des Sérusier et autre Emile Bernard, Vuillard, Bonnard... que l’on peut admirer dans différents musées, notamment l’Indianapolis Museum of Art. Il avait donné à celui de Pont-Aven tout un fonds documentaire constitué d’ouvrages et de lettres d’artistes. Aujourd’hui ce sont une peinture de Maurice Denis et une gouache de Migens Ballin que le musée a pu acheter [1] aux héritiers du collectionneur.

Maurice Denis représente un site précis, Port-Blanc, dans la commune de Penvénan, près de Perros-Guirec (ill. 1). L’’influence japonaise est sensible dans ce format très vertical ; la mer occupe toute la surface ou presque, animée de vaguelettes décoratives. Son bleu vif contraste avec le rose oranger des rochers qui encadrent le paysage et dans lesquels se fondent des baigneuses nues. Touche de couleur isolée, une barque vide ménage, pour le regard, une transition entre les deux rivages.
Le tableau rejoint dans les collections quatre autres peintures du maître et en tout une dizaine d’œuvres de sa main. Une étude préparatoire à cette composition, datée de 1925, se trouve dans un carnet de l’artiste (collection particulière), tandis qu’une petite huile sur carton passée en vente chez Artcurial semble étudier un autre point de vue sur la même scène. Une exposition consacrée à « Maurice Denis et la Bretagne [2] » montrait l’importance de ce thème des baigneuses qu’il représente à l’envi, transformant parfois une scène quotidienne en thème mythologique tel que Galatée.

2. Mogens Ballin (1871-1914)
L’Église à Saint-Nolff, vers 1892
Gouache sur papier - 33,7 x 40 cm
Pont-Aven, Musée
Photo : Patrick Goetelem
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Migens Ballin peint une Église à Saint-Nolff à peine visible entre les arbres (ill. 2). Cette gouache témoigne de l’influence du synthétisme sur l’artiste danois qui côtoya les Nabis grâce au Néerlandais Jan Verkade notamment, avec qui il se lia dès son arrivée à Paris en 1891 et qu’il accompagna en Bretagne. Verkade peignit lui aussi l’église de Saint-Nolff à plusieurs reprises.
Cette acquisition est d’autant plus intéressante que l’œuvre peint de l’artiste est relativement restreint. Après 1900 en effet, Ballin délaissa la peinture pour l’art décoratif, concevant alors de petits objets, sucrier, encrier, tampon-buvard... Le musée conserve de lui un coquetier en étain de 1908.


3. Armand Seguin (1869-1903)
Glaneuse au repos tenant
une gerbe de lin
, 1893-1894
Eau-forte sur papier
Pont-Aven, Musée
Photo : B. Galéron
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4. Achille Granchi-Taylor (1857-1921)
Portrait de mousse, vers 1899
Huile sur panneau,
Pont-Aven, Musée
Photo : B. Galéron
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Le musée s’est également enrichi de trois gravures et trois peintures grâce à de généreux donateurs au cours de l’année 2017. Les gravures tout d’abord, ont été offertes par Dolly Savary : deux estampes ukiyo-e du XIXe siècle permettent d’évoquer cette influence japonaise sur les nabis ; une eau-forte d’Armand Seguin, Glaneuse au repos tenant une gerbe de lin (ill. 3), rejoint au musée la matrice en zinc qui a permis de la réaliser.
Armand Seguin était plus connu - à son grand dam - pour son œuvre de graveur et d’illustrateur, initié à l’eau-forte par son ami O’Conor. Il subit l’influence des estampes japonaises et de l’art d’Emile Bernard. Auteur de plusieurs articles sur les peintres de Pont-Aven, il fut considéré comme le chroniqueur du groupe. Au repos ou au travail, on retrouve la glaneuse dans d’autres gravures de l’artiste.


5. Léon Brion (1842-1923)
Lavandières à Pont-Aven,
Huile sur panneau
Pont-Aven, Musée
Photo : B. Galéron
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6. Léon Brion (1842-1923)
Chemin longeant le champ
Lollichon

Huile sur toile
Pont-Aven, Musée
Photo : B. Galéron
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Enfin, trois peintures naturalistes ont été données par une mécène désireuse de rester anonyme. Elles rappellent que Pont-Aven ne fut pas seulement le repère du courant synthétique. De nombreux artistes se rendirent en Bretagne, tel Achille Granchi-Taylor qui s’installa à Concarneau. Là-bas, il retrouva Emile Bernard qu’il avait rencontré à Paris dans l’atelier de Cormon, côtoya Gauguin, encore Sérusier à Pont-Aven en 1887, sans toutefois subir leur influence. N’étant pas attiré par le synthétisme ni par le folklore breton, il peignit des toiles graves, presque austères, relatant la vie simple et laborieuse des pêcheurs, sans tomber dans le misérabilisme. Le Portrait de mousse offert au musée (ill. 4) est probablement préparatoire aux Marins paysans sardiniers conservé au Musée des Jacobins à Morlaix.
Les deux autres peintures sont de Léon Brion (ill. 5 et 6). Cet élève de Gustave Boulanger et de Jules Lefèbvre habita Pont-Aven à partir des années 1880 et jusqu’à sa mort en 1923. On lui doit une petite esquisse, Lavandières à Pont Aven et une composition achevée Chemin longeant le champ Lollichon, champ dont Paul Gauguin donna une vue bien différente.

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