Acquisitions récentes d’Orléans : peintures anciennes

Didier Rykner

16/11/18 - Acquisitions - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Alors que le Musée d’Orléans a acheté pas moins de trois œuvres au salon Fine Arts Paris qui vient de se terminer (nous en parlerons bientôt), voici quelques nouvelles acquisitions que nous n’avions pas encore mentionnées. Nous évoquerons dans un premier temps l’art ancien puis, dans une autre brève, du XIXe siècle.


1. Joseph Ducreux (1735-1802)
Portrait d’une petite fille, vers 1795
Pastel sur papier marouflé sur toile - 44 x 33 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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Le premier achat est un fort joli pastel de Joseph Ducreux représentant le portrait d’une petite fille (ill. 1), emporté aux enchères à Drouot chez Thierry de Maigret le 23 mars 2018. Cette œuvre n’a pas été préemptée car elle a été acquise par un concours de circonstance qui démontre qu’un musée peut aussi profiter des occasions qui passent. Orléans souhaitait en effet préempter dans cette vente un pastel d’Elisabeth Vigée-Lebrun, mais celui-ci s’est envolé bien au delà de l’enveloppe dont il disposait (il s’est vendu 220 000 euros sans les frais). Dans la même vente, un peu après, passait donc ce pastel de Ducreux, que le musée avait remarqué mais qu’il ne pensait pas préempter, ne pouvant se disperser et pensant que, malgré son estimation basse de 7000 €, le prix allait s’envoler, ce qui était logique compte-tenu de sa qualité et de son excellent état. Devant l’absence d’enchère, il a pu finalement se le faire adjuger pour seulement 5000 € sans les frais, soit le prix de réserve !
L’achat est remarquable, car il enrichit pour un coût extrêmement modeste le fonds de pastels du musée, les œuvres de cette technique de Ducreux, qui se trouvent essentiellement au Louvre et à Versailles, étant absentes de sa collection. Son caractère esquissé permet de le rapprocher du Portrait de Louis Sylvestre dit le jeune par Maurice-Quentin de La Tour et du Portrait de femme de Jean-Baptiste Perronneau qui avait été découvert l’année dernière derrière une autre œuvre de cet artiste (voir la brève du 18/6/17).


2. Luca Giordano (1634-1705)
La Foi chassant l’Hérésie ou L’Ignorance détruisant la Connaissance
Huile sur toile - 72,5 x 50,5 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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Deux tableaux italiens ont rejoint les collections orléanaises, tous deux provenant de la même collection privée. Le premier est une esquisse de Luca Giordano (ill. 2), sans doute pour un décor non identifié. Son iconographie est particulièrement originale : on y voit une femme brûlant des livres, un sujet complexe à interpréter. Il pourrait s’agir soit de l’Ignorance détruisant la Connaissance - il s’agirait alors d’un décor profane, soit de la Foi détruisant l’Hérésie - et on serait alors devant une esquisse pour un décor d’église. Le Musée des Beaux-Arts d’Orléans, riche en toiles italiennes du XVIIe siècle, notamment napolitaines, comme Giordano, ne possédait jusqu’à présent aucune œuvre de cet artiste dont on rappelle que le Musée Fabre a acquis récemment une autre esquisse (voir la brève du 27/09/16).


3. Giovanni Battista Lama (1660 ou 1673 ?-1748)
Renaud et Armide, vers 1710
Huile sur toile - 90 x 125 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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Le second tableau italien, lui aussi napolitain, n’est autre que l’œuvre d’un élève de Giordano. Il s’agit en effet d’une peinture de Giovanni Battista Lama, peintre proche de Paolo de Matteis avec lequel on peut aisément le confondre. Il s’agit d’un assez grand tableau figurant Renaud et Armide (ill. 3), d’après la Jérusalem délivrée du Tasse. Si les peintures de Luca Giordano ne sont pas rares dans les musées français, celles de Lama le sont bien davantage puisqu’il n’est représenté qu’au Musée des Beaux-Arts d’Agen et au Musée Fesch à Ajaccio.

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