Un buste de Bernin acquis par le LACMA


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Gian Lorenzo Bernini (1598-1680)
Portrait d’un gentilhomme, vers 1670-1675
Marbre - H. 54,5 cm
Los Angeles, County Museum of Art
Photo : Benappi s.a.s.

16/3/15 - Acquisition - Los Angeles, County Museum of Art - Dans notre recension de la Tefaf 2014, nous évoquions un buste du Bernin dont Patrice Marandel, conservateur en chef au LACMA, nous avait par ailleurs parlé dans un reportage audio. Il n’est donc pas étonnant que le musée de Los Angeles ait pu s’enrichir récemment de cette œuvre majeure auprès de la Galerie Mehringer de Munich (elle était exposée par la galerie Benappi).

L’œuvre est une redécouverte relativement récente puisqu’elle est réapparue seulement en 1992 quand elle fut donnée à Gian Lorenzo Bernini par Ursula Schlegel, une attribution qui fut par la suite unanimement acceptée. Si l’auteur de ce buste ne fait donc pas de doute, l’identité du modèle est encore un mystère. Plusieurs auteurs, dont Schlegel et Charles Avery, ont suggéré qu’il pouvait s’agir d’un portrait de Pietro Bernini, le père de l’artiste et également sculpteur. Avery le date vers 1640, après la mort de Pietro en 1629, envisageant qu’il ait été exécuté d’après un modèle en terre cuite modelé vers 1612. Une hypothèse que rien, malheureusement, ne vient étayer.
Dans le catalogue de l’exposition « Bernini et la naissance du portrait sculpté de style baroque » (voir notre article) où cette sculpture était présentée, Andrea Bacchi privilégie une datation plus tardive, autour de 1670-1675, par comparaison avec le Portrait du pape Clément X du Palais Barberini et avec la figure agenouillée d’Alexandre VII dans son monument de Saint-Pierre de Rome.

Ce qui frappe d’emblée dans ce très beau buste, c’est la vivacité de l’expression et du mouvement. Le personnage - qui reste donc à identifier, car il est peu probable que vers 1670 le Bernin ait repris un buste qu’il aurait réalisé presque soixante ans plus tôt - tourne la tête vers la droite tandis que ses épaules font un mouvement inverse. Le caractère moins dégrossi de l’arrière du marbre, mais aussi de la partie se trouvant derrière l’oreille droite laisse penser que l’œuvre n’était pas destinée à être vue de tous les côtés mais devait être placée dans un lieu bien précis, peut-être une niche ou un monument funéraire.

Cette acquisition est particulièrement importante pour le LACMA : il n’est pas fréquent qu’un musée puisse, aujourd’hui, acheter un marbre du plus grand sculpteur baroque italien.


Didier Rykner, lundi 16 mars 2015





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