Une aiguière de Saint-Porchaire acquise par la Frick Collection


JPEG - 86.9 ko
1. Saint-Porchaire, vers 1545−1565
Attribué à Bernard Palissy (vers 1510–1590)
Aiguière
Faïence
New York, The Frick Collection
Photo : Galerie Kugel

13/03/15 – Acquisition – New York, Frick Collection – La production de Saint-Porchaire reste une énigme : le lieu exact de fabrication et l’identité des artisans qui y travaillèrent sont encore inconnus.
On ne conserve d’ailleurs que quelques dizaines d’exemplaires de ces pièces d’apparat réalisées en faïence fine au cours de la première moitié du XVIe siècle. Leurs formes sont souvent inspirées de l’orfèvrerie et leur décor se compose d’éléments rapportés, ainsi que de motifs géométriques, entrelacs et arabesques qui révèlent l’influence de la reliure parisienne.

C’est le cas d’une aiguière que vient d’acheter la Frick Collection à la Galerie Kugel (ill. 1). Son anse a la forme d’un homme barbu aux airs de faune, tandis que le bec verseur a l’apparence d’un lézard.
Cette pièce relance la question des liens de Bernard Palissy avec la production de Saint-Porchaire. On ne peut affirmer avec certitude qu’il est l’auteur de cette aiguière, mais le bec correspond à un moule retrouvé dans l’atelier du célèbre céramiste lors des fouilles du Grand Louvre menées dans les années 1980. Palissy en effet, qui obtint en 1563 le titre d’« inventeur des rustiques figulines du roi » se trouvait à Paris entre 1565 et 1573 afin de réaliser la grotte du jardin des Tuileries que lui avait commandée Catherine de Médicis. A cette époque, les faïences de Saint-Porchaire ne semblaient plus être à la mode et peut-être l’artiste a-t-il apporté avec lui un moule ayant servi pour des œuvres antérieures.


JPEG - 32.8 ko
2. Saint-Porchaire
Aiguière
Faïence
Écouen, Musée national de la Renaissance
Photo : RMN-GP/C. Jean

Car Palissy travailla également à Saintes entre 1545 et 1565 environ, et il n’est pas impossible qu’il ait tenté alors d’imiter les faïences de Saint-Porchaire1, à moins qu’il ne participa directement à leur fabrication, avant de se lancer pleinement dans la création des céramiques rustiques qui firent sa célébrité ?
Il ne s’agit ici que des conjectures et, quoi qu’il en soit, cette aiguière présente des similitudes avec une pièce (ill. 2) conservée au Musée de la Renaissance à Écouen : toutes d’eux ont une anse en forme d’homme barbu et un bec verseur en forme de reptile. Celle d’Écouen porte les armoiries de Françoise de Brosse, épouse du Grand Ecuyer Claude Gouffier qui avait lui aussi commandé à Palissy l’aménagement d’une grotte rustique dans son château d’Oiron et qui ne fut jamais réalisée.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 16 mars 2015


Notes

1Comme nous le signale un lecteur, il ne faut pas confondre Saint-Porchaire en (Charente-Maritime), et Saint-Porchaire près de Bressuire (Deux-Sèvres).





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Un buste de Bernin acquis par le LACMA

Article suivant dans Brèves : La photographie enfin autorisée au Musée d’Orsay