Un buste de Bouchardon préempté par le Louvre


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Edme Bouchardon (1698-1762)
Charles Frédéric de La Tour du Pin,
marquis du Gouvernet
, 1736
Marbre - 78 x 56 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Aguttes

12/6/2012 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Le Louvre a préempté hier un buste de Bouchardon lors de la vente organisée par Aguttes à Drouot. Estimé entre 3,5 et 4 millions d’euros, le portrait de Charles-Frédéric de la Tour du Pin, marquis de Gouvernet, resté dans la famille jusqu’à ce jour, a été adjugé 3 750 000 euros.
On ne connaît pas grand-chose de la vie du marquis, si ce n’est qu’il fut gouverneur de Montélimar ; il commanda son buste à l’artiste en 1734, qui fut achevé en 1736, puis exposé au Salon de 1738. Une version en terre cuite est conservée au Musée Jacquemart André, tandis qu’une autre, en plâtre, est mentionnée dans les archives mais sa localisation reste inconnue.
Cette œuvre offre un très bel exemple de portrait à l’antique développé par Bouchardon, qui séjourna à l’Académie de France à Rome entre 1723 et 1732. Elle montre l’audace du sculpteur qui introduisit l’idéal classique à une époque ou l’art d’Adam ou de Slodtz s’épanouissait dans le baroque. Edme Bouchardon, qui sut si bien « s’approprier le talent des Anciens et le retrouver sur la Nature », comme l’écrivit le comte de Caylus, donne à son modèle l’apparence d’un héros antique, dans le plus simple appareil, tandis qu’il traite avec naturalisme les cheveux laissés libres et choisit, afin d’animer la composition, de tourner le visage légèrement de profil au lieu de le placer dans l’axe du torse.
Le sculpteur avait réalisé dans le même esprit le buste du baron Philipp von Stosch en 1727, qui s’inspirait de l’effigie de Trajan (Musée du Capitole de Rome), puis celui de John Gordon (Inverness Museum and Art Gallery) en 1728, et enfin le portrait de Lord Hervey (Melbury House) en 1729.
Outre les célèbres sculptures mythologiques de Bouchardon, le musée du Louvre conserve un autre buste de l’artiste, celui de Madame Vleughels, épouse du directeur de l’Académie de France à Rome, sculpté en 1732. On ne peut que se réjouir d’une telle acquisition, en chœur avec Claude Aguttes qui a fait applaudir la salle pour saluer l’initiative du musée.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 12 juin 2012





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