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Il se passe toujours quelque chose à la cathédrale d’Orléans
Fragment de tapisserie de la
tenture de la cathédrale d’Orléans
Laine et soie - 171 x 92 cm
Orléans, cathédrale Sainte-Croix
Photo : Sotheby’s
Après Chartres (voir l’article) et avant Bourges, nous poursuivons ici une série autour des cathédrales de la région Centre-Val-de-Loire afin de mettre en avant le gros travail de restauration et de remeublement que ces édifices, gérés par l’État, mènent depuis déjà de nombreuses années. Nous avions également parlé naguère de la cathédrale de Rennes (voir l’article), restaurée de manière exemplaire, et nous essaierons de faire progressivement le tour des cathédrales de France qui ne sont hélas pas toute aussi bien prises en charge. Le bilan peut d’ailleurs, sur un même édifice, être ambivalent : Chartres est très bien restauré, mais le soutien de la DRAC au projet d’aménagement du parvis est une honte (voir l’article).
La politique de la DRAC d’Orléans consiste à restaurer les édifices et les œuvres qu’ils contiennent, mais aussi d’ajouter encore des tableaux, des sculptures et des œuvres d’art. C’est ainsi que lors de la vente Sotheby’s de la collection Bacri, l’État a préempté un fragment de tapisserie (ill. 1) pour 18 750 € (frais compris). Une superbe acquisition : si l’œuvre était identifiée seulement comme « Pays-Bas méridionaux, premier quart du XVIe siècle », il s’agissait en réalité de la production d’un atelier parisien, mais surtout d’un rare morceau de la tenture qui ornait régulièrement, jusqu’au XVIIIe siècle, le chœur de la cathédrale d’Orléans.
Cette tenture, vendue à la Révolution puis sans doute dépecée et découpée pour être vendue, n’est plus connue que par deux fragments : l’un, d’assez grande taille, représentant La Nativité, est conservé au château de Kronborg au Danemark. Il porte les armes du commanditaire, Barthélémy de Clugny, chanoine de la cathédrale, qui l’avait commandée en 1512. Un deuxième, figurant Les Trois Marie, se…